L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié le Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec, pour l’année 2022 incluant des projections 2023 – voir le rapport.
Selon le rapport, pour 2022 et 2023 (suivant les projections pour 2023), il a été constaté une recrudescence importante des taux d’incidence de cas déclarés de : l’infection gonococcique, la syphilis infectieuse, la syphilis congénitale et la lymphogranulomatose vénérienne (LGV). En 2023, le taux de cas déclarés des hépatites B et C a également augmenté (particulièrement le taux de cas d’hépatite C dans la région de Montréal). Les virus de l’hépatite B et de l’hépatite C demeurent toujours présents, ce qui justifie de poursuivre les efforts de prévention et d’intervention.
Quelques données concernant les ITSS à déclaration obligatoire pour 2022 :
- Chlamydia trachomatis : représente l’infection la plus fréquemment répandue avec 25 339 cas déclarés et un taux global de 291 cas pour 100 000 personnes (taux de 241 pour 100 000 chez les hommes et de 339 pour 100 000 chez les femmes). Les cas féminins représentent 58 % des cas. Après une vingtaine d’années de hausse constante, l’incidence a chuté de 16 % entre 2019 et 2021. Elle a ensuite crû de 11 % entre 2021 et 2022.
- Neisseria gonorrhoeae : 8112 cas ont été déclarés pour un taux global de 93 cas pour 100 000 personnes (taux de 141 pour 100 000 chez les hommes et de 44 pour 100 000 chez les femmes). Les hommes représentaient 75 % des cas. L’incidence des cas déclarés a crû de 21 % entre 2021 et 2022. Le taux projeté pour 2023 serait le plus élevé observé depuis 1990. Les taux d’incidence des cas déclarés dans la région du Nunavik et dans la région de Montréal étaient respectivement 20 fois et 2,4 fois plus élevés que celui de l’ensemble du Québec.
- Syphilis infectieuse : au total, 1258 cas ont été déclarés. Le taux global de cas déclarés était de 14 cas pour 100 000 personnes (il était de 24 pour 100 000 chez les hommes et de 4,6 pour 100 000 chez les femmes). Parmi ceux-ci, 25 % étaient des cas de syphilis primaire, 23 % des cas de syphilis secondaire et 52 % des cas de syphilis latente précoce. Au Québec, 14 cas de syphilis congénitale (tous des cas de syphilis congénitale précoce détectés chez des nourrissons âgés de moins de 2 ans) ont été déclarés, ce qui représente un taux de 0,8 cas pour 100 000 femmes âgées de 15 à 49 ans et de 17 pour 100 000 naissances vivantes (8,5 pour 100 000 nourrissons âgés de moins de 2 ans). Les taux de cas de syphilis en phase infectieuse n’a cessé d’augmenter depuis 25 années, selon le rapport. De plus, l’épidémie de syphilis s’installe de plus en plus au sein de la population hétérosexuelle et prend de l’essor dans la plupart des régions alors qu’elle était initialement concentrée dans la région de Montréal.
- LGV : 145 cas masculins ont été déclarés, ce qui correspond à un taux de 3,3 cas pour 100 000 hommes. Un cas féminin probable a été rapporté. La LGV touche prioritairement la population HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes).
- Hépatite B (VHB) : un total de 897 cas d’hépatite B a été déclaré, ce qui équivaut à un taux de 10,3 cas pour 100 000 personnes (12 pour 100 000 chez les hommes et 8,8 pour 100 000 chez les femmes). Les hommes représentent 57 % de l’ensemble des cas déclarés.
- Hépatite C (VHC) : un total de 742 cas d’hépatite C a été déclaré en 2022, ce qui équivaut à un taux de 8,5 cas pour 100 000 personnes (10,5 pour 100 000 chez les hommes et 6,5 pour 100 000 chez les femmes).
- VIH : au total, 917 cas d’infection par le VIH ont été enregistrés en 2022 (pour plus de détails, voir le rapport de surveillance du VIH annuel pour l’année 2022 pour le Québec).
Pour consulter le rapport de l’INSPQ et en savoir plus, cliquez sur ce lien.
