Le rapport de surveillance produit par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Surveillance des souches de Neisseria gonorrhoeae résistantes aux antibiotiques dans la province du Québec, présente les résultats obtenus en 2022 et les compare avec certains résultats obtenus depuis 2010. Il vise à fournir des informations précieuses aux clinicien.nes, professionnel.les des directions de santé publique, ainsi qu’aux laboratoires de microbiologie du Québec, afin de suivre l’évolution de la résistance de N. gonorrhoeae aux antibiotiques. Il a pour objectif de soutenir les efforts des intervenant.es du réseau de la santé dans le domaine des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).
Le présent rapport fait état des résultats des analyses effectuées par le laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) sur les souches de N. gonorrhoeae isolées au cours de l’année 2022 et décrit l’évolution temporelle de la résistance.
On estime qu’en 2022, le LSPQ a réalisé un antibiogramme pour 22 % (1766/8112) de l’ensemble des cas déclarés d’infections gonococciques. En 2022, les souches de N. gonorrhoeae ont été analysées afin d’établir les concentrations minimales inhibitrices (CMI), par la méthode de dilution en gélose, pour les cinq antibiotiques suivants : ciprofloxacine, azithromycine, céfixime, ceftriaxone et gentamicine. 79 % des souches pour lesquelles l’antibiogramme a pu être réalisé ont montré une résistance à au moins un des antibiotiques testés (1392/1764).
- La résistance à la ciprofloxacine (CMI ≥ 1 mg/L) a fluctué à travers les années. Elle se situait entre 32 et 48 % en 2010-2015, entre 60 et 74 % en 2016-2020 puis a diminué à 50 % en 2021 et 2022.
- La résistance à l’azithromycine (CMI ≥ 2 mg/L) a augmenté à un rythme inquiétant. Alors qu’elle était inférieure à 2 % entre 2010 et 2013, elle a augmenté à 7 % en 2014 et à 31 % en 2017, après une période de stabilisation entre 2018-2020 (24-28 %), elle a de nouveau augmenté en 2021 (39 %), pour atteindre un nouveau sommet de 44 % en 2022.
- De 2010 à 2020, quelques souches non sensibles à la céfixime ont été identifiées (2 en 2015, 1 en 2016, 3 en 2017, 12 en 2019 et 7 en 2020). En 2021 et 2022, toutes les souches étaient sensibles à la céfixime.
En 2022, bien qu’aucune souche non sensible aux céphalosporines de 3e génération (C3G) n’ait été identifiée, des souches pour lesquelles la CMI s’approche du seuil de non-sensibilité aux C3G, ou correspondant à une sensibilité réduite aux C3G selon les critères de l’OMS, ont été détectées :
- Céfixime : 56 souches (3,2 %) : CMI = 0,12 mg/L (n = 51) et CMI = 0,25 mg/L (n = 5).
Ces 56 souches ont été isolées respectivement chez 43 hommes et 13 femmes.
Les 5 souches dont la CMI à la céfixime se situait à 0,25 mg/L correspondent à une sensibilité réduite.à - Ceftriaxone : deux souches possédaient une sensibilité réduite (CMI = 0,12 mg/L et 0,25 mg/L, respectivement)
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