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Colombie-Britannique : l’impact du VIH, VHC et des surdoses chez les jeunes et les femmes appelle à une réponse plus large

La relation existante entre le VIH et les troubles liés à l’usage de substances est complexe, mais les PVVIH peuvent être à risque plus élevé de décéder des suites d’une surdose du fait des comorbidités préexistantes et d’un accès difficile au système de santé et au traitement. Une étude menée en Colombie-Britannique chez des PVVIH mal desservies (ou insuffisamment servies), effectuée entre 2007 et 2010, avait déjà rapporté que plus du quart des décès dans cette population était dû aux surdoses et aux intoxications (Salters, K. A., & al., BMC Public Health, 2021). La crise des surdoses et des intoxications par drogues illicites a été documentée en tant que défi de santé public majeur en Colombie-Britannique (C.-B.), et ce, depuis 2009. Les auteurs de cette étude (Yazdani, K., & al., AIDS Care, 2023) ont cherché à caractériser la mortalité due aux surdoses et celle non reliée aux surdoses parmi des PVVIH en parallèle de la crise des surdoses en C.-B. Une analyse basée sur une population de PVVIH (âgées de 19 ans et plus) en C.-B, a été conduite entre 2009 et 2017, à partir de la cohorte « Seek and Treat for Optimal Prevention of HIV/AIDS (STOP HIV/AIDS) ».

Groupes 30-49 et 50-64 ans

Selon les résultats, parmi 9180 PVVIH, 962 décès sont survenus (142 reliés à des événements de surdose et 820 pour d’autres raisons). Les taux de mortalité bruts par surdoses étaient significativement plus élevés chez les femmes que chez les hommes (3,74 décès pour 1000 personnes-années vs. 2,20), de même que les taux de mortalité pour les événements non reliés aux surdoses (16,16 vs. 14,11). Les plus hauts taux de mortalité par surdoses ont été observés chez les groupes 30-49 et 50-64 ans, alors que les risques de décès non reliés aux surdoses augmentaient avec l’âge, avec les plus de 65 ans qui présentaient 48,10 décès pour 1000 personnes-années (PA). Les autres causes de décès les plus courantes dans cette analyse incluaient les causes reliées au VIH, les cancers non classant sida et les maladies cardiovasculaires. En comparaison avec ceux qui sont décédés pour d’autres raisons, ceux qui sont décédés du fait d’une surdose, étaient significativement plus jeunes (46 ans vs. 54 ans), avaient une indication de douleur chronique (35,9 % vs. 27,1 %) et avaient le virus de l’hépatite C (64,8 % vs. 50,4 %), mais cependant, moins d’individus avaient connu un épisode d’hospitalisation au cours de l’année précédant le décès. Par ailleurs, ceux qui sont morts pour d’autres raisons étaient plus sujets à présenter une plus basse catégorie de compte CD4 (inf. à 200 cell./mm3) au moment du décès (26,9 % vs. 14,1 %).

Ces résultats d’étude mettent en évidence la syndémie de l’usage de substances, du VIH et du VHC, et comment la crise impacte les femmes et les personnes plus jeunes. Selon les auteurs, cette syndémie appelle à une réponse à plusieurs niveaux afin de prévenir entre autres les décès par surdoses au sein des PVVIH.

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