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Les services de consommation supervisée (SCS) sont des points d’accès importants pour le dépistage et le traitement du VHC

Malgré l’important fardeau que représente l’infection au virus de l’hépatite C (VHC) chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI), de nombreuses barrières persistent et viennent freiner l’accès aux soins pour cette population, allant de la stigmatisation à la mésinformation. L’objectif de cette étude (Lettner, B., & al., The Lancet Regional Health, 2023) était en fait d’évaluer la distribution de tests rapides d’ARN du VHC (ARN-VHC) au point de service ainsi que l’aiguillage aux soins des patients, au sein d’un service de consommation supervisée (SCS) situé dans un centre de santé communautaire de Toronto. Les objectifs secondaires comprenaient l’évaluation de la prévalence de l’ARN-VHC en début d’étude, de l’incidence du VHC au cours du suivi, et l’identification des facteurs associés à un résultat positif et à l’adoption du traitement. Les participants ont été recrutés entre 2018 et 2021. Les personnes ayant obtenu un résultat positif aux tests d’ARN-VHC se sont vu proposer une orientation immédiate vers un traitement sur place. Les personnes dont les résultats étaient négatifs se sont vu proposer quant à elles des tests de dépistage tous les trois mois, et ce, jusqu’à quatre visites. L’incidence du VHC a été estimée comme le nombre d’infections incidentes par le VHC pour 100 personnes-années à risque, parmi les personnes négatives au test d’ARN-VHC au démarrage de l’étude et qui sont revenues pour au moins une visite de suivi.

Les SCS desservent une population à haut risque

Au total, 124 participants ont été recrutés. En début d’étude, 54 des 124 participants éligibles (43,5 %) ont obtenu un résultat positif au test d’ARN-VHC. Parmi les 70 participants qui ont obtenu un diagnostic négatif en début d’étude, 37 sont retournés pour des visites de suivi et dix furent diagnostiqués positifs au cours du suivi, portant l’incidence du VHC à 35,1 cas pour 100 personnes-années avec une incidence cumulée de 38,3 % à 15 mois de suivi. Parmi tous les participants ayant obtenu un résultat positif au test d’ARN-VHC au début de l’étude ou lors des visites de suivi (n = 64), 67,2 % (n = 43) ont été dirigés vers des soins spécialisés dans le traitement de l’hépatite C directement à une clinique située sur place. Le temps moyen qui s’est écoulé entre le premier test positif d’ARN-VHC et l’aiguillage aux soins a été de 63 jours. Parmi les 29 personnes qui ont initié un traitement, 25 ont atteint la réponse virologique soutenue (RVS), pour un taux de guérison de 86 %. En conclusion, la forte prévalence et incidence de l’ARN-VHC démontrent que les SCS desservent une population à haut risque de VHC. L’acceptation des tests de dépistage était élevée selon les auteurs, de même que l’engagement dans le traitement. Les tests d’ARN-VHC au point de service placent donc les SCS comme un point d’accès important aux soins du VHC.

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