L’essai clinique « CAPELLA » de phase II-III est une étude qui cherche à évaluer l’efficacité du lénacapavir chez les personnes séropositives en échappement thérapeutique, avec un virus multirésistant. Pour ce faire, 72 personnes qui présentaient une charge virale supérieure ou égale à 400 copies/mL ont été recrutées. La presque totalité des participants étaient donc en échec virologique, résistants à au moins deux molécules (antirétroviraux, ARV) et pouvaient compter sur l’efficacité tout au plus de deux médicaments dits « actifs ». Tous les patients dans cette étude ont reçu le lénacapavir (d’abord en version orale puis en injectable), mais à différentes périodes de temps, en plus d’un régime de base optimisé (RBO) pour remplacer leur régime défaillant, à savoir la meilleure association de médicaments compte tenu du profil de résistance du VIH du participant. Il y avait en fait deux cohortes séparées : une cohorte randomisée (n = 36), en double aveugle et une cohorte non-randomisée (n = 36), en ouvert. Les cohortes étaient structurées de la façon suivante :
Rappelons que les premiers résultats dévoilés à 26 semaines (S26), à savoir au moment de la deuxième injection, avaient montré que 81 % des 36 patients de la cohorte 1 et 83 % des 36 patients de la cohorte 2 avaient présenté une charge virale inférieure à 50 copies/mL, et que 89 % et 86 % des patients des cohortes 1 et 2 respectivement avaient eu une charge virale inférieure à 200 copies/mL – voir Segal-Maurer, S., & al. (NEJM, 2022). De plus, lors de la CROI 2022, les résultats avaient révélé que 83 % des patients de la cohorte 1 avaient atteint une charge virale inférieure à 50 copies/mL à S52 – voir abrégé 491, p.190, CROI 2022. Par ailleurs, de nouveaux résultats avaient été dévoilés lors du congrès sur le VIH qui s’était tenu à Glasgow au Royaume-Uni (« The 2022 International Congress on Drug Therapy in HIV Infection2022 ») du 23 au 26 octobre. Le lénacapavir avait alors continué à démontrer de bons résultats à S52 : 89 % des individus plus jeunes que 50 ans et 82 % des individus plus âgés, avaient présenté un ARN du VIH en bas de 50 copies par mL. Les individus avec un compte de CD4 en bas de 200 (cell./ μL) au point d’entrée de l’étude – à savoir ceux qui avaient le plus besoin d’un traitement qui fonctionne – affichaient quant à eux un taux de réponse de 78 %, alors que toutes les personnes avec des comptes de CD4 plus élevés atteignaient la suppression virale.
Les résultats concernent cette fois l’étude de Ogbuagu, O., & al. (The Lancet HIV, 2023), qui continue de dévoiler les résultats à S52. Selon les résultats, dans la cohorte 1, 30 des 36 participants (83 %) avaient moins de 50 copies d’ARN-VIH par mL et 31 des 36 participants (86 %) avaient moins de 200 copies d’ARN-VIH par mL, à S52. Dans la cohorte 2, 26 participants sur 36 (72 %) avaient moins de 50 copies et 28 participants sur 36 (78 %) avaient moins de 200 copies. Au total : 56 participants sur 72 (78 %) présentaient une charge virale inférieure à 50 copies et 59 participants sur 72 (82 %) présentaient une charge virale inférieure à 200 copies. Le compte de CD4 a augmenté quant à lui entre le démarrage de l’étude et S52 en moyenne de 82 cellules par μL pour la cohorte 1 et de 113 cellules pour la cohorte 2.
En conclusion, chez des participants présentant une multirésistance au VIH-1, l’injection sous-cutanée de lénacapvir administrée en combinaison avec un RBO, a résulté en un haut taux de suppression virologique au temps t = S52.
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