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Étude faite à Montréal : les réservoirs du VIH se concentreraient dans la rate et les ganglions lymphatiques

Chez la plupart des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) suivant une thérapie antirétrovirale stable (TAR), l’interruption du traitement mène à un rebond viral qui se produit en l’espace de quelques semaines. Cette résurgence virale est expliquée par la présence de réservoirs viraux qui échappent au traitement (infection latente), et prioritairement localisés dans les cellules T CD4+, dans lesquelles des provirus génétiquement intacts et intégrés persistent. Les réservoirs font justement l’objet d’importantes recherches, afin de mieux savoir comment ils fonctionnent et surtout où ils se localisent. On sait que le VIH persiste dans le sang et les tissus lymphoïdes, même sous traitement antirétroviral, mais la contribution des différents compartiments anatomiques dans ces réservoirs viraux chez les humains reste cependant moins connue. À ce propos, selon une étude parue dans Cell Reports (Dufour, C., & al., 2023), les réservoirs du VIH se concentreraient dans la rate et les ganglions lymphatiques des personnes vivant avec le VIH qui suivent un traitement. Pour en arriver à cette conclusion, l’équipe de recherche, menée par Nicolas Chomont (Centre de recherche du CHUM) et Caroline Dufour (auteure principale de l’article), a travaillé sur des échantillons d’organes provenant de deux personnes originaires d’Ottawa et d’Edmonton qui avaient fait don de leur corps à la science et qui suivaient un traitement depuis plusieurs années (les analyses sont post-mortem).

Quantification de l’ADN du VIH

Le participant #1 avait 67 ans (diagnostiqué séropositif en 1987, indétectable de 2000 à 2018) et le participant #2 avait 68 ans (diagnostiqué séropositif en 2003, indétectable de 2000 à 2018). Les organes collectés pour l’étude étaient : les ganglions lymphatiques, l’intestin, le foie, les poumons, la rate, les testicules, le cerveau et la moelle épinière. Afin d’identifier quels tissus pouvaient servir de réservoirs pour le VIH après une TAR prolongée, les chercheurs ont tout d’abord quantifié l’ADN du VIH par PCR quantitative ultrasensible. Selon les résultats de l’étude, l’ADN du VIH a été détecté dans tous les tissus, avec des larges variations observées entre les compartiments anatomiques et entre les participants. Pour les deux participants, les fréquences les plus basses de cellules infectées par le VIH ont été mesurées dans le cerveau et les testicules, alors que les quantités les plus élevées d’ADN du VIH ont été détectées dans les tissus lymphoïdes (la rate pour le participant #2 et les ganglions lymphatiques pour le participant #1), ce qui rentre en accord avec les plus hautes fréquences de cellules T CD4+ trouvées sur ces sites. 2 % et 25,5 % des provirus analysés étaient génétiquement intacts chez les participants #1 et #2 respectivement, et étaient principalement détectés dans les organes lymphoïdes secondaires, avec la rate et les ganglions lymphatiques médiastinaux abritant des génomes viraux intacts chez les deux individus. Selon l’étude, chez les deux individus, la moitié (50 %) du réservoir persistant était constitué de séquences provirales clonales 100 % identiques.

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