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Étude DOXYVAC : un antibiotique et un vaccin pour prévenir les ITSS

Un vaccin existant contre la méningite B (méningocoque) a réussi à diminuer de moitié le taux d’infections répétées à gonocoque (gonorrhée) chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), selon une étude présentée par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ou ANRS, en France), lors de la CROI 2023. « C’est le premier vaccin qui montre un certain niveau d’efficacité contre une infection transmise sexuellement d’origine bactérienne », selon le professeur Jean-Michel Molina, de l’Université de Paris, qui a dirigé l’étude. L’étude, appelée DOXYVAC ANRS 174, s’est aussi penchée sur l’efficacité de la prise de doxycycline (antibiotique antibactérien de la famille des tétracyclines) comme prophylaxie post-exposition (ou « doxyPEP »), et ce, contre les infections sexuellement transmissibles (ITS) de manière générale. Dans cette étude, la doxycycline a en effet diminué les taux d’infections à la chlamydia et à la syphilis de 88 % et 87 %, respectivement – cet effet avait cependant déjà été démontré par le passé. L’antibiotique en question a aussi diminué les taux d’infection à la gonorrhée de 51 %, indépendamment de l’effet du vaccin. 502 participants ont été inclus pour analyse dans l’essai DOXYVAC ANRS 174 (conduit depuis 2021), tous des HARSAH à risque élevé d’ITS (les participants avaient contracté en moyenne 2 ITS dans la dernière année précédant le début de l’étude) et suivant la prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH.

L’équipe de J.-M. Molina voulait mesurer les effets indépendants de la doxycyline et du vaccin 4CMenB – vaccin contre la méningite B (Bexsero®), plutôt que leurs effets combinés. Il y a donc eu deux analyses séparées (et deux randomisations) : une première, incluant des participants qui ont ou qui n’ont pas pris la doxycycline (doxyPEP), et ensuite, une deuxième, incluant des participants qui ont ou qui n’ont pas pris le vaccin 4CMenB. On a eu les groupes suivants : 332 participants ont reçu la doxyPEP et 170 ne l’ont pas reçue ; 257 ont reçu le vaccin, alors que 245 ne l’ont pas reçu. Le vaccin a été donné en deux doses, une fois en début d’étude et une autre fois, deux mois plus tard. Les utilisateurs de DoxyPEP devaient prendre deux comprimés de doxycycline de 100 mg pas plus de 72 heures après la relation sexuelle, et préférablement dans les 24 heures. Le résultat mesuré le plus intéressant a été la proportion de participants qui ont été diagnostiqués avec une première infection pour la première fois dans un temps de suivi moyen de neuf mois. Cela a résulté en une incidence moyenne de 35,4 % chez les hommes ne recevant pas la doxyPEP, mais seulement 5,6 % chez ceux la recevant. En d’autres termes, la doxyPEP a prévenu 84% des infections à la syphilis ou à chlamydia qui auraient pu se produire en temps normal. En prenant les deux infections séparément, la doxyPEP présentait 79 % d’efficacité contre la syphilis et 89 % d’efficacité contre la chlamydia. La doxyPEP a aussi eu une efficacité plus modérée de 51 % contre la gonorrhée. Il n’y a pas eu d’effets indésirables sévères ou graves associés au vaccin en question qui ont été rapportés. En ce qui concerne la gonorrhée, il y a eu 19,7 % d’incidence annuelle sans le vaccin, et 9,8 % avec le vaccin – le vaccin a donc eu exactement la même efficacité de 51 % que la doxyPEP.

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