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Étude faite à Montréal : un meilleur rapport CD4/CD8 est atteint lorsque la TAR comprend un inhibiteur de l’intégrase (INI)

La thérapie antirétrovirale (TAR) permet de faire chuter la quantité de VIH dans le sang, et ce, jusqu’au niveau de l’indétectabilité, soit à un niveau de charge virale qui permet au système immunitaire de se restaurer. La mesure du rapport CD4/CD8 (ou rapport des lymphocytes CD4+ et CD8+) permet d’évaluer justement la santé du système immunitaire des personnes séropositives. Celui-ci se situe à 1 ou plus chez les personnes ayant un bon système immunitaire, et est inférieur à 1 lorsque le VIH s’attaque à celui-ci par exemple. Dans cette étude (N’dongo Sangaré, M., Baril, J.-G., & al., Clinical Infectious Diseases, 2023), l’équipe de recherche s’est intéressée à l’impact que pouvait avoir le type de régime de TAR sur le rapport CD4/CD8 (effet à long terme), en analysant les données se rapportant à la santé de 3907 personnes inscrites à la Cohorte VIH du Québec. Le recrutement s’est fait dans quatre sites de Montréal spécialisés dans les soins apportés au PVVIH – Clinique de médecine urbaine du Quartier Latin, Clinique médicale l’Actuel, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et le Centre universitaire de santé McGill. L’analyse incluait tous les patients de la cohorte d’étude qui, depuis ou après 2006, avaient démarré un premier régime antirétroviral ou un régime antirétroviral subséquent composé de deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) ainsi que d’un troisième agent actif appartenant à l’une des trois classes suivantes : un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), un inhibiteur de la protéase (IP) ou un inhibiteur de l’intégrase (INI). Les participants ont été répartis en trois groupes distincts, à savoir ceux qui suivaient un schéma thérapeutique dont le troisième agent actif correspondait à : (1) un INNTI – incluant 972 personnes, (2) un IP – incluant 1996 personnes ou (3) un INI – incluant 939 personnes. Les types d’INTI à l’inclusion étaient : le raltégravir (37,6 %), l’elvitégravir (19,4 %) et le dolutégravir (43 %). Lors de l’admission à l’étude, les participants avaient un rapport CD4/CD8 de 0,4 et vivaient depuis six ans en moyenne avec un diagnostic positif du VIH.

Selon les résultats, 13,1 % des patients ont atteint un CD4/CD8 ≥ 1, après une durée moyenne de 4,4 ans. Le temps de suivi pour cette étude a été de 5,8, 4,5 et 2,9 ans pour chacun des groupes (1), (2) et (3), respectivement. De plus, 13,6 %, 10,4 % et 20,3 % des membres des groupes (1), (2) et (3) respectivement ont atteint un rapport CD4/CD8 ≥ 1. Les résultats provenant du modèle marginal structural de Cox (MSCM) ont aussi démontré qu’un meilleur rapport CD4/CD8 avait été atteint chez les patients qui avaient été exposés à un INI, en comparaison avec ceux qui avaient été exposés à un INNTI ou à un IP. En conclusion, l’étude a donc démontré qu’un régime de TAR comprenant un INI comme troisième agent actif, apparaissait plus efficace que des régimes faits à base d’INNTI ou d’IP pour arriver à une normalisation du rapport CD4/CD8.

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