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Caractérisation de la cascade de soins pour l’hépatite C au sein des Premières Nations en Ontario

Le VHC affecte de façon disproportionnée plusieurs populations spécifiques au Canada et six populations prioritaires qui sont le plus touchées par l’hépatite C ont été identifiées. Étant donné que les peuples des Premières Nations représentent une population prioritaire dans les efforts du Canada visant à éliminer l’hépatite C comme menace pour la santé publique, comprendre la progression des individus depuis le diagnostic jusqu’à la guérison peut ainsi guider les efforts d’élimination. Les auteurs de cette étude (Mendlowitz, A. B., & al., CMAJ, 2023) ont cherché ici à caractériser et identifier les lacunes dans la cascade de soins du VHC pour les peuples des Premières Nations en Ontario. Cette étude a utilisé les données de personnes issues des Premières Nations ayant présenté un test positif aux anti-VHC ou à l’ARN-VHC entre le 1er janvier 1999 et le 31 décembre 2018. Les chercheurs ont défini la cascade de soins en six étapes, comme suit : avoir été testé positif pour les anticorps anti-VHC, avoir été testé pour l’ARN-VHC, avoir été testé positif pour l’ARN-VHC, avoir été génotypé pour le VHC, avoir initié un traitement et avoir atteint la réponse virologique soutenue (RVS).

80% des personnes traitées ont atteint la RVS

Selon les résultats, au 31 décembre 2018, 4962 individus ont été testés positifs pour les anti-VHC. Parmi eux, 4118 (soit 83 %) ont été testés pour l’ARN-VHC, dont 2480 (soit 60,2 %) ont reçu un diagnostic positif. Le génotypage a été complété chez 2374 personnes (soit 95,7 %) parmi ceux qui avaient été testés positifs pour l’ARN-VHC, et 1002 (soit 42,2 %) ont initié un traitement. Presque 80 % (801 personnes) des personnes traitées ont atteint la RVS, dont 34 (4,2 %) présentaient des cas de réinfection ou récidive. Le temps moyen pour les personnes résidant au sein des communautés des Premières Nations pour effectuer un test ARN-VHC a été de 0,19 ans (68 jours) vs. 0,79 ans (288 jours) pour ceux résidant en dehors. Le temps moyen qui s’est écoulé entre le test ARN-VHC et l’initiation au traitement a été de l’ordre de 7,6 ans vs. 9,75 ans pour les individus résidant au sein et hors des communautés de Premières Nations respectivement. Le fait de se soumettre à un test de dépistage de l’ARN-VHC (1 an après le test anti-VHC) était plus susceptible de se produire chez les personnes âgées de 41 ans et plus, chez les individus vivant dans les zones rurales, chez ceux ayant effectué un dépistage après le 31 décembre 2013 (correspondant à l’ère des traitements avec les régimes intégrant les antiviraux à action directe) et chez les personnes ayant un historique d’usage de substances ou de troubles de toxicomanie (si le test ARN-VHC était effectué plus d’un an après le test anti-VHC). L’initiation au traitement était plus susceptible de se produire chez les individus âgés de 41 ans et plus, ayant effectué un dépistage après le 31 décembre 2013 (ère post-AAD) et ayant un historique d’usage de substances ou de troubles de la toxicomanie. En tout, 17 % de personnes testées positives pour les anti-VHC n’ont pas eu de suivi pour l’ARN-VHC et 60 % de ceux qui ont été détectés positifs à l’ARN-VHC, n’ont pas reçu de traitement. Pour conclure, en comparaison avec le dépistage et le diagnostic du VHC, un manque important existe au niveau de l’initiation au traitement parmi les populations des Premières Nations de l’Ontario. Les barrières telles que le faible accès aux services de santé, l’oppression systémique et la discrimination, pourrait décourager les peuples autochtones à s’engager dans les soins et initier un traitement.

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