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L’élargissement de l’accès aux AAD au Canada a diminué les taux d’hospitalisations liées au VHC

Le virus de l’hépatite C (VHC) a une prévalence globale élevée et peut mener à des complications hépatiques puis au décès. L’accès ou l’éligibilité aux antiviraux à action directe (AAD) au Canada s’est élargi à la suite de plusieurs changements qui ont été apportés dans les directives canadiennes en matière de santé (autorisations et levées des restrictions). Plus spécifiquement, les AAD de première génération sont devenus accessibles au Canada en 2012, et les AAD de deuxième génération sont à leur tour devenus disponibles en 2014. Cependant, l’impact des changements dans le monde réel quant à l’accès aux AAD et à leur utilisation plus élargie est moins évidente. L’objectif de cette étude (Chu, C., & al., Plos One, 2023) était donc de déterminer les changements dans les taux d’hospitalisations liées au VHC et les taux d’hospitalisations liées au VHC avec un carcinome hépatocellulaire (CHC), et ce, après l’accès élargi aux AAD justement. Les auteurs de cette étude ont conduit des séries d’analyses basées sur la population en utilisant des bases de données de santé canadiennes. Les taux d’hospitalisations liées au VHC et les taux d’hospitalisations liées au VHC avec un CHC ont été comptabilisés mensuellement, entre avril 2006 et mars 2020. Les auteurs ont évalué l’impact des changements des politiques en matière de santé concernant l’élargissement de l’accès aux AAD sur l’incidence de ces taux d’hospitalisations. Tous les dossiers des patients canadiens sévèrement hospitalisés avec un diagnostic du VHC, une maladie hépatique chronique ou un carcinome hépatocellulaire (CHC), avec ou sans greffe du foie, entre avril 2006 et mars 2020 ont tout d’abord été identifiés et puis seuls ceux qui présentaient un diagnostic d’hépatite C aiguë ou chronique ont été sélectionnés.

Un déclin graduel

Selon les résultats, les taux d’hospitalisations liées au VHC au Canada ont augmenté entre 2006 et 2014, puis ont graduellement décliné. La baisse constatée après 2014, ou au moment du premier changement de directive apporté, a été significative (p = 0,0355) selon les auteurs de l’étude, mais pas plus de changements n’ont été observés à la suite du second changement de directive apporté en 2017 (p = 0,2567). Les hospitalisations liées au VHC avec un CHC ont quant à elles augmenté jusqu’à la fin de 2013, et ce, suivi d’un plateau, avant de décliner en 2016. En ce qui concerne les hospitalisations liées au VHC avec un CHC, il n’y a pas eu de résultats significatifs après le premier changement de directive effectué en 2014 (p = 0,1291), de même qu’après le second changement apporté en 2017 (p = 0,6324). Les analyses de sous-groupes ont révélé que les personnes âgées entre 50 et 64 ans et les hommes présentaient des baisses observables dans les taux d’hospitalisations liées au VHC dans l’année précédant le premier changement de directive (à savoir à partir de 2013). En conclusion, selon les auteurs de l’étude, l’accès élargi aux AAD (à savoir le changement de directive effectué en 2014) a été significativement associé à une chute des hospitalisations liées au VHC dans l’ensemble de la population canadienne.

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