Inscription

CPARG – Recommandations pour l’alimentation du nourrisson dans le contexte du VIH au Canada

Le recours exclusif aux préparations commerciales demeure la recommandation préférée pour l’alimentation du nourrisson dans le contexte du VIH dans les pays à revenus élevés, du fait que ce soit la seule stratégie qui puisse éliminer complètement les risques de transmission verticale du VIH. Néanmoins, avec l’arrivée de nouvelles données provenant de pays à faibles revenus qui ont réussi à démontrer que la thérapie antirétrovirale (TAR) peut réduire de manière significative (mais pas éliminer) ce risque à travers le lait maternel, la nécessité est apparue de parvenir à un consensus sur les recommandations à tenir dans le contexte canadien. Le Groupe canadien de recherche pédiatrique et périnatale sur le VIH/sida (CPARG) a tenu un congrès financé par Les Instituts de recherche en santé du Canada en 2016 pour parvenir à un consensus de la part des professionnels multidisciplinaires sur le counseling et les recommandations à l’égard de l’alimentation du nourrisson. À la suite de ce congrès, un sous-groupe a été mandaté pour rédiger une synthèse des recommandations reposant sur des données probantes. Dans ce document d’orientation, huit recommandations (Khan, S., & al., JAMMI, 2023) ont été développées par des experts médicaux canadiens dans le domaine. Parmi les recommandations énoncées, on peut lire, entre autres, que les lignes directrices consensuelles canadiennes continuent de préconiser l’utilisation des préparations commerciales pour l’alimentation des nourrissons, car elles éliminent tout risque résiduel de transmission verticale après la naissance et ces préparations doivent être mises à la disposition de tous les nourrissons nés de MVVIH (mères vivant avec le VIH) jusqu’à l’âge d’un an. En plus de donner des conseils sur l’approche à avoir de la part des professionnels pour aider les mères à effectuer une décision éclairée, il est aussi énoncé que chez les femmes qui respectent les critères et qui choisissent d’allaiter, la surveillance virologique fréquente de la mère et un suivi de la mère et du nourrisson s’imposent. La prophylaxie antirétrovirale et la surveillance des nourrissons allaités sont recommandées. En conclusion, l’article souligne qu’il sera important de réévaluer ces lignes directrices en fonction des nouvelles données probantes à venir.