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VHC : la consommation d’alcool et les troubles de consommation d’alcool ne viendraient pas affecter la RVS

Certains payeurs et cliniciens exigent l’abstinence d’alcool pour autoriser l’accès à un traitement par antiviraux à action directe (AAD). L’objectif de cette étude était d’évaluer (Cartwright, A. J., & al., JAMA Network Open, 2023) si la consommation d’alcool en début du traitement par AAD pouvait être associée à une diminution de la probabilité d’atteindre une réponse virologique soutenue (RVS). Cette étude de cohorte rétrospective a utilisé les dossiers médicaux électroniques provenant du Département des Anciens combattants des États-Unis, le plus grand système de soins de santé national intégré qui offre un accès illimité au traitement du VHC. L’étude comprenait tous les patients nés entre 1945 et 1965 à qui a été délivré un traitement par AAD entre le 1er janvier 2014 et le 30 juin 2018. L’analyse des données a été effectuée en novembre 2020, avec des analyses de sensibilité mises à jour en 2023. Cinq catégories de consommation d’alcool ont été établies : abstinence sans antécédents de TUA (trouble de l’usage de l’alcool), abstinence avec antécédents de TUA, consommation à faible risque, consommation à risque modéré et consommation à risque élevé ou TUA. Le critère d’évaluation principal était la réponse virologique soutenue (RVS), définie comme une charge virale du VHC indétectable pendant 12 semaines ou plus après la fin du traitement par AAD (RVS12).

Une barrière inutile pour les patients

Selon les résultats, parmi les 69 229 patients qui ont initié un traitement par AAD, 65 355 (94,4 %) ont atteint la RVS. Un total de 32 290 individus (46,6 %) étaient abstinents sans trouble lié à l’utilisation de l’alcool (TUA), 9192 (13,3 %) étaient abstinents avec TUA, 13 415 (19,4 %) présentaient une consommation à faible risque, 3117 (4,5 %) avaient une consommation à risque modéré, et 11 215 (16,2 %) avaient une consommation à risque élevé ou un TUA. Après ajustement, il n’y avait pas de différence de RVS entre les catégories de consommation d’alcool (avec des OR compris entre 0,92 et 1,09), même pour les patients présentant une consommation à risque élevé ou un TUA. Il n’y avait aucune preuve d’interaction en fonction du stade de la fibrose hépatique mesuré par le score de fibrose-4 ou FIB-4 (P pour l’interaction = 0,30). Dans cette étude de cohorte, la consommation d’alcool et les troubles liés à l’utilisation de l’alcool (TUA) n’ont pas été associés à une probabilité plus faible d’atteindre la réponse virologique soutenue (RVS). Restreindre l’accès au traitement par AAD en fonction de la consommation d’alcool crée une barrière inutile pour les patients et met en péril les objectifs d’élimination du VHC, selon les auteurs.

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