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Cascade des soins du VIH : les femmes de la Région du Grand Toronto affichent de moins bons résultats

La Région du Grand Toronto (RGT) englobe à elle seule 39 % de la population canadienne vivant avec le VIH. Parmi les cas de VIH rapportés au Canada, en Ontario et dans la RGT, 16 800, 8000 et 4057 femmes vivent avec le VIH (FVVIH) respectivement. Les deux principaux groupes de femmes affectés par le VIH dans la RGT et en Ontario sont les femmes appartenant aux communautés dites « ACN » (africaines, caribéennes et noires) – ou « ACB » en anglais, ainsi que celles appartenant au groupe des UDI (utilisatrices de drogues par injection). En Amérique du Nord, les FVVIH présentent un plus faible engagement et une moins bonne rétention dans les soins liés au VIH en comparaison avec les hommes vivant avec le VIH (HVVIH). En Ontario, environ 80 % des HVVIH présentent une suppression virale en comparaison avec 77 % chez les FVVIH. Afin d’identifier les lacunes dans l’accès et l’engagement (intégration, participation) dans les soins et le traitement, on a évalué ici (Medeiros, O., & al., International Journal of STD & AIDS, 2022) la cascade des soins des FVVIH dans la RGT en comparaison avec le reste de l’Ontario et du Canada (dans ce cas-ci : la Colombie-Britannique et le Québec). Les auteurs ont en fait analysé ici des données auto-rapportées de 2013-2015 provenant de la « Canadian HIV Women’s Sexual and Reproductive Health Cohort Study » (CHIWOS). Ils ont calculé les pourcentages de participantes ayant passé au travers de chacune des étapes de la cascade des soins du VIH, à savoir : l’arrimage aux soins, la rétention dans les soins, l’initiation à une thérapie antirétrovirale (TAR), le suivi d’une TAR en cours, l’adhésion aux antirétroviraux (≥ 90 %) et l’obtention d’une charge virale indétectable (< 50 copies/mL). En tout, 1422 personnes ont participé à l’étude entre 2013 et 2015, dont 388 vivaient dans la RGT.

Selon les résultats, en comparant la RGT au reste de l’Ontario et du Canada, respectivement : 96 %, 98 %, 100 % avaient été aiguillées vers des soins ; 92 %, 94 %, 98 % avaient été retenues dans les soins ; 72 %, 89 %, 96 % avaient initié une thérapie ; 67 %, 81 %, 90 % suivaient déjà une thérapie (en cours) ; 53 %, 66 %, 77 % adhéraient à la TAR et 59 %, 69 %, 81 % présentaient une charge virale indétectable. Les facteurs associés à la suppression virale dans le modèle multivarié incluaient : le fait de vivre à l’extérieur de la RGT, être de citoyenneté non-canadienne, avoir complété ses études secondaires, avoir un logement stable, avoir un revenu d’au moins 20,000 $, présenter un diagnostic du VIH datant d’il y a moins de six ans et démontrer une plus grande résilience. Par ailleurs, les auteurs ont expliqué que pour de nombreuses jeunes FVVIH, rester dans la cascade des soins pouvait être difficile, à cause des priorités concurrentes, des comorbidités et des traumatismes. En conclusion, les FVVIH de la RGT avaient de plus faibles taux de suppression virale en comparaison avec le reste de l’Ontario et du Canada.

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