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Peu d’événements indésirables répertoriés liés à l’utilisation concomitante d’opioïdes et d’AAD

En raison des préoccupations liées aux interactions potentielles qui pourraient exister entre certains AAD et les opioïdes, les auteurs ont tenté de dénombrer et d’analyser à travers cette étude (Martinez, A., & al., Harm Reduction Journal, 2023), les événements indésirables (ÉI) qui pourraient être liés à l’utilisation concomitante d’opioïdes et d’AAD. Les ÉI ont été rapportés selon s’ils étaient survenus du fait de l’utilisation ou de la consommation d’un produit dit « suspect » – à savoir d’AAD ou d’opioïdes, ou de l’utilisation concomitante d’AAD et d’opioïdes. Les ÉI pour lesquels les AAD (glécaprevir/pibrentasvir, sofosbuvir/velpatasvir, lédipasvir/sofosbuvir, sofosbuvir/velpatasvir/voxilaprévir et elbasvir/grazoprévir) étaient considérés comme produits « suspects » (c’est-à-dire la cause des ÉI rapportés), provenaient de la « US Food and Drug Administration AE Reporting System Public Dashboard » des États-Unis. Le nombre de rapports d’ÉI pour lesquels les opioïdes (fentanyl, hydrocodone, oxycodone) étaient considérés comme des produits « co-suspects »/concomitants ont été relevés et résumés en fonction de la gravité et des actes de décès signalés, entre autres.

Traiter le VHC chez les personnes utilisatrices de drogues : une priorité

Selon les résultats, entre 2017 et 2021, le nombre total d’ÉI qui ont été rapportés et où le fentanyl était considéré comme le produit « suspect » à l’origine de ces ÉI a été de 58 001, parmi lesquels 48 709 (84 %) étaient considérés sérieux et 29 850 (51 %) ont entraîné le décès. Le nombre d’ÉI où l’oxycodone et l’hydrocodone étaient considérés comme les produits « suspects » a été de 290 224. Parmi ceux-ci, 274 804 (95 %) étaient sérieux et 119 013 (41 %) ont entraîné le décès. Par contraste, il y a eu seulement 40 ÉI signalés en lien avec l’utilisation concomitante d’AAD et de fentanyl, dont 35 (87,5 %) étaient considérés comme graves et 14 (35,0 %) ont entraîné un décès. Par ailleurs, 626 cas d’ÉI ont été signalés en lien avec l’utilisation concomitante d’oxycodone/hydrocodone et d’AAD, dont 296 (47,3 %) étaient considérés comme graves, et 28 (4,5 %) ont entraîné un décès. Le nombre total de rapports de surdoses mentionnant le fentanyl, l’oxycodone ou l’hydrocodone comme produits « suspects », indépendamment du traitement du VHC, était de 98 037 entre 2017 et 2021. Par contraste, parmi les patients chez lesquels les AAD étaient considérés comme des produits « suspects », il y a eu 196 cas de surdoses répertoriés. De plus, le nombre de surdoses rapportées a décliné d’une année à l’autre : 56 en 2018, 44 en 2019, 37 en 2020 et 29 en 2021. Le traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C (VHC) utilisatrices de drogues est essentiel pour atteindre l’élimination du VHC. Le faible nombre de cas d’ÉI rapportés liés aux AAD et aux opioïdes dans cette étude vient de fait appuyer la stratégie visant à prioriser le traitement de l’hépatite C et à poursuivre l’élargissement du traitement par AAD au sein de cette population afin d’atteindre les objectifs d’élimination du VHC.

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