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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
15 mai 2022
Selon des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (Carson, J. M., & al., 2022, Clinical Infectious Diseases), les taux de réinfection par le VHC étaient élevés chez les prisonniers australiens qui ont participé à une étude sur le traitement de l’hépatite C. Le manque de mesures de réduction des méfaits, les taux élevés de partage de matériel d’injection, la faible couverture offerte pour les traitements par agoniste opioïde (TAO) ainsi que le manque de surveillance au niveau de la réinfection auraient ainsi contribué à des taux élevés de réinfection au sein des prisons australiennes. L’étude SToP-C a réussi à recruter des participants dans quatre prisons australiennes entre 2014 et 2019. On leur a procuré des traitements par AAD et après avoir complété le traitement et été guéris du VHC, ils ont été suivis tous les trois à six mois afin de contrôler les cas de réinfection. La première phase de l’étude a démontré que l’accès rapide au traitement de l’hépatite C dans les prisons avait conduit à une baisse de l’incidence des nouvelles infections au VHC au sein des populations carcérales. Plus précisément, au cours de la première phase de l’étude, 388 personnes ont reçu un traitement par AAD et 266 (69 %) d’entre elles avaient présenté un ARN-VHC indétectable à la fin du traitement ou bien une réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement (RVS-12). La majorité des participants de la première phase de l’étude ont par la suite été transférés dans d’autres prisons ou libérés, laissant au total 161 personnes restant incarcérées dans les prisons de l’étude et qui ont été testées au moins une fois à l’ARN-VHC après avoir complété le traitement en question. La deuxième phase de l’étude consistait donc à évaluer l’incidence de la réinfection après le traitement chez les personnes qui sont restées dans les prisons.
En tout, 18 participants ont été réinfectés durant une période de suivi moyenne de neuf mois, ce qui correspond à une incidence en moyenne de 12,5 cas pour 100 personnes-années (PA) de suivi. Chez les personnes rapportant un historique récent d’injection de drogues et de partage d’aiguilles et seringues, le taux de réinfection a été plus élevé, soit de 28,7 pour 100 PA. Selon les analyses de l’étude, la réinfection a été associée à la consommation récente de drogues injectables et au partage d’aiguilles et de seringues. Par rapport aux personnes qui ne s’étaient pas injectées de drogues récemment, celles qui s’étaient injectées des drogues et qui avaient partagé des aiguilles et des seringues étaient environ 15 fois plus susceptibles d’être réinfectées par l’hépatite C. Lorsque l’analyse a été limitée aux personnes ayant consommé des drogues injectables au cours du mois précédent (n=61), la réinfection était associée au partage du matériel d’injection. L’incidence de la réinfection était la plus élevée 3 à 6 mois après la fin du traitement, puis diminuait au fil du temps. Les chercheurs de l’étude affirment que des tests plus fréquents sont nécessaires après le traitement pour détecter les cas de réinfection, en particulier pendant les six premiers mois suivant la fin du traitement. Parmi les personnes libérées après le traitement et réincarcérées par la suite, 80 % ont été réinfectées après leur sortie de prison, ce qui renforce l’observation d’une étude canadienne récente (Stone, J., & al., 2018, The Lancet Infectious Diseases) qui a démontré que le risque d’infection pour les personnes incarcérées était le plus élevé juste après leur libération.
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