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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
18 février 2022
On a tenté, dans une étude de Flores Anato, J. L., & al., parue dans Sexually Transmitted Infections (2022), d’examiner l’impact du chemsex sur l’incidence de la gonorrhée et la chlamydia parmi les gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (gbHARSAH), ainsi que chez les femmes transgenres, tous utilisateurs de PrEP – en exploitant sept années de données longitudinales fournies par la cohorte PrEP de la clinique médicale l’Actuel (2013-2020). L’étude s’est concentrée sur l’incidence des infections survenant sur une période de deux ans suivant l’initiation de la PrEP (à savoir à partir de la première consultation qui représentait ici le point de référence). Les suivis s’effectuaient ensuite un mois après la première consultation, puis aux trois mois. Chaque visite incluait : un renouvellement de prescription, un dépistage des ITSS et un questionnaire qui renseignait sur l’adhésion à la PrEP, les effets secondaires et les comportements sexuels. Le chemsex était défini ici lorsque les participants rapportaient l’utilisation, lors des rapports sexuels, de substances telles que la cocaïne, l’ecstasy, le GHB, le crystal meth, la kétamine ou le crack au moins une fois dans les douze derniers mois (12DM) avant la première consultation. La polyconsommation était mentionnée lorsque l’activité sexuelle impliquait la consommation de deux ou plus de deux substances illicites. On a donc comparé deux groupes : le groupe (1) ayant rapporté la pratique du chemsex dans les 12DM et le groupe (2) n’y ayant pas eu recours.
D’après les résultats, 2086 clients (2079 gbHARSAH cisgenres, 3 gbHARSAH transgenres et 4 femmes transgenres) ont initié la PrEP et aucun incident d’infection au VIH n’a été déclaré pendant la durée de l’étude. 24 % d’entre eux ont rapporté avoir pratiqué le chemsex dans les 12DM avant la première consultation. En comparaison avec le groupe (2), le groupe (1) a rapporté plus de partenaires occasionnels en moyenne (15 vs. 10), de plus faibles niveaux d’utilisation du condom et une plus forte proportion d’utilisation de la PrEP (38 % vs. 32 %). Dans le groupe (1) – vs. groupe (2), une plus grande proportion a rapporté une histoire d’infection passée à la gonorrhée (57 % vs. 39 %), chlamydia (49 % vs. 31 %) et syphilis (23 % vs. 15 %). La prévalence d’ITSS diagnostiquées lors de la première consultation était plus élevée dans le groupe (1). En effet, les clients du groupe (1) avaient une prévalence plus élevée de gonorrhée active et d’infection à la chlamydia en comparaison avec le groupe (2) (15 % vs. 9 % et 9 % vs. 7 %, respectivement). Le temps moyen qui s’est écoulé avant le premier diagnostic de gonorrhée ou chlamydia était plus court pour le groupe (1) (10,7 mois) que pour le groupe (2) (16,4 mois). Lorsque le chemsex a été stratifié suivant la polyconsommation, le temps moyen qui s’est écoulé avant le premier diagnostic d’ITSS était de 9,4 mois pour le groupe ayant pratiqué la polyconsommation, 14,6 mois pour le groupe (1) et 16,4 mois pour le groupe (2). En conclusion, les auteurs ont trouvé que les participants utilisateurs de PrEP avaient 32 % plus de risque d’être diagnostiqués avec une gonorrhée ou une chlamydia s’ils rapportaient du chemsex à la base, par rapport à ceux qui ne rapportaient pas du chemsex. L’effet était plus important pour les clients rapportant la polyconsommation.
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