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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
15 mai 2022
Des tests de dépistage intensifs de l’hépatite C, une facilité d’accès au traitement et l’orientation vers la réduction des risques ont conduit à un recul constant de la prévalence et de l’incidence (nouveaux cas) de l’hépatite C parmi les gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (gbHARSAH) en Suisse, d’après ce que les chercheurs ont conclu dans la revue Clinical Infectious Diseases (Kusejko, K., & al., 2022). Les résultats concluent que les efforts de micro-élimination visant à diagnostiquer et à guérir l’hépatite C dans des groupes spécifiques à forte prévalence du virus non seulement éliminent les infections chroniques mais limitent également les nouvelles infections – et que ces effets se maintiennent dans le temps, sur plusieurs années. Le programme suisse de micro-élimination appelé « Swiss HCVree Trial », s’est déroulé de 2015 à 2017 et recrutait spécifiquement des gbHARSAH vivant avec le VIH (phase A), à partir d’une cohorte appelée « Swiss HIV Cohort Study » (SHCS). Tous les gbHARSAH de la cohorte SHCS avaient subi un test de dépistage pour l’infection chronique au VHC et ceux qui avaient une charge virale détectable se faisaient offrir un traitement à base d’antiviraux à action directe (AAD). Cette phase de traitement (dite phase B) s’accompagnait d’interventions comportementales (les interventions comportementales avaient pour but d’amener une modification des comportements du patient en vue de réduire le risque de transmission du VHC). Il y avait quatre sessions d’intervention avec des conseillers formés. Les participants ont été dépistés encore une fois en novembre 2017 (phase C) et les résultats ont montré que les nouvelles infections (incidence) avaient chuté de 57 % et que la prévalence (cas existants) de l’hépatite C chez les participants de l’étude avait chuté de 84 %. Les auteurs de cette étude ont ensuite continué à tester les participants de manière régulière pour l’hépatite C. Dans la revue en question, les chercheurs ont fait état de leurs résultats jusqu’à la fin de l’année 2019.
Au cours de l’année 2019, 4641 des 4804 gbHARSAH recrutés dans la SHCS ont été dépistés pour l’ARN du VHC. En tout, 28 cas d’infection chronique ont été détectés, ce qui équivaut à une prévalence de 0,6 %. Onze des 28 infections ont été classées en tant que « nouvelles infections », incluant deux réinfections. Il faut savoir que certaines personnes se sont désistées de la cohorte de 2015-2016 et d’autres se sont ajoutées en 2019, ce qui fait que 60 % des participants de la cohorte de départ sont passés à travers tout le processus. Parmi ceux justement qui ont participé à toutes les phases de dépistage de l’étude (à savoir de 2015 à 2019), la prévalence a chuté de 5,1 % en 2015-2016 à 1% en 2017, puis à 0,4 % en 2019. Au sein de toute la cohorte en tant que telle – 5352 participants avec 40 483 personnes-années (PA) de suivi (de 2010 à 2020), l’incidence du VHC a décliné de 0,54/100 PA en 2010 à 0,34/100 PA en 2015, puis à 0,31/100 PA en 2017 et à 0,19/100 PA en 2019. Ce déclin observé au niveau de l’incidence du VHC et de sa prévalence au sein de la SHCS suivrait des tendances similaires aux Pays-Bas (chez les PVVIH), en Australie et en France (chez les HARSAH).
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