Les incitatifs financiers représentent une intervention pouvant aider les patients à surmonter les obstacles encourus tout au long de la cascade de soins de l’hépatite C, en particulier les obstacles économiques et financiers. Des incitatifs financiers ont déjà été utilisés justement pour améliorer le dépistage et l’adhésion au traitement de l’hépatite C dans divers contextes, y compris les soins primaires, communautaires et tertiaires. Cependant, bien que les incitatifs financiers s’avèrent efficaces, il est nécessaire de mener davantage de recherches pour évaluer l’efficacité de ceux-ci dans les modèles de soins destinés aux utilisateurs de drogues par injection (UDI).
Les auteurs ont réalisé ici (Dawe, J., & al., Viruses, 2024) l’évaluation d’un modèle de soins pour l’hépatite C, qui intégrait des incitatifs financiers visant de fait à améliorer l’engagement dans un service de santé sexuelle à Cairns, en Australie (Cairns Sexual Health Service). Les clients du service qui ont déclaré avoir eu des expériences d’injection de drogues se sont vu offrir un incitatif financier de 20 AUD (18 dollars CAN) pour passer des tests de dépistage de l’hépatite C, initier un traitement, compléter le traitement et passer le test de guérison (test de charge virale pour évaluer la guérison et une CV indétectable). La rétention dans les soins de l’hépatite C dans le modèle avec incitatifs a été évaluée et comparée aux soins standards offerts durant les 11 mois précédant l’intervention étudiée ici.
90 % affichent une clairance virale
Selon les résultats, un total de 121 clients avaient reçu des incitatifs financiers pour les tests de dépistage de l’hépatite C (anticorps ou ARN) effectués entre mars 2020 et mai 2021. Parmi eux, 84 clients ont été testés positifs pour les anticorps anti-VHC et trois ont été perdus de vue. Sur les 81 clients restants, 28 (soit 35 %) au total ont testé positifs à l’ARN-VHC et 26 sont retournés au Service en question pour récolter leurs résultats. 92 % (24/26) ont pu commencer un traitement, 88 % (21/24) ont terminé le traitement, et 90 % (19/21) ont obtenu un test pour évaluer la réponse virologique soutenue 12 semaines après traitement (RVS12). L’ensemble des 19 clients avaient affiché une clairance virale. Les auteurs ont constaté une nette amélioration au cours de la période incluant les incitatifs financiers, en comparaison avec la période de pré-intervention qui a duré 11 mois :
- 86 % (24/28) vs. 72 % (13/18) des clients diagnostiqués pour le VHC avaient commencé un traitement ;
- 75 % (21/28) vs. 28 % (6/18) avaient complété leur traitement au Service en question ;
- 68 % (19/28) vs. 6 % (1/18) avaient reçu un test de RVS12.
En conclusion, les auteurs ont constaté que l’intégration d’incitatifs financiers dans un modèle de soins de l’hépatite C centré sur la personne est une stratégie efficace pour rejoindre de nouveaux clients et réengager ceux existants dans les soins reliés à l’hépatite C. Parmi les clients diagnostiqués avec l’hépatite C pendant l’intervention, presque tous ont reçu une prescription pour une thérapie par antiviraux à action directe (AAD), et trois clients sur quatre (75 %) ont achevé le traitement par AAD.
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