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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
8 juillet 2022
Malgré le potentiel offert par la prophylaxie préexposition (PrEP ou PPrE) comme moyen de prévention efficace contre le VIH, son acceptation et son utilisation font cependant face à certains obstacles. Des études relativement récentes ont montré qu’un manque de sensibilisation ou d’information en ce qui concerne la PrEP représentait une barrière significative empêchant l’accès au traitement préventif. Malgré le fait que la sensibilisation à la PrEP au Canada se soit améliorée avec le temps, des études montrent des rapports variés sur les niveaux de perception et les attitudes vis-à-vis de la PrEP parmi les communautés considérées comme à haut risque ainsi que dans certains établissements. Par exemple, l’utilisation de la PrEP reste relativement récente à Saskatoon (Saskatchewan). Une enquête transversale auto-administrée a été conduite auprès de patients fréquentant la clinique de santé sexuelle des services de santé publique de Saskatoon pendant la période allant d’octobre à décembre 2018. Dans cette étude, menée par Enebeli, S., & al. (Cureus, 2022), on a cherché à évaluer l’intérêt et l’utilisation de la PrEP ainsi que les facteurs associés chez les patients à risque élevé. Afin d’évaluer le niveau de sensibilisation à la PrEP, on a posé cette question aux participants : « Avant aujourd’hui, aviez-vous déjà entendu parler de la PrEP pour le VIH ? » – ils devaient répondre par « oui » ou par « non ». Afin d’évaluer leur intérêt à utiliser la PrEP, on leur a posé cette question : « Êtes-vous intéressé à utiliser la PrEP afin de réduire le risque d’infection au VIH ? » – ils devaient répondre par « oui » ou par « non ». La perception du risque a été évaluée avec la question suivante : « Pensez-vous être à risque de contracter le VIH ? » – à laquelle ils pouvaient répondre « oui », « non », « pas sûr » ou « préfère ne pas répondre ».
141 participants ont été recrutés et ont complété le questionnaire. L’âge moyen des participants était de 26 ans. Le nombre moyen de partenaires était de trois. Un total de 66 % (n = 93) des participants n’avaient jamais entendu parler de la PrEP ou ne savaient pas ce que c’était et presque la moitié d’entre eux (49,6 % des 141 participants, ou n= 70) ont indiqué un intérêt à prendre la PrEP. Parmi ceux qui n’étaient pas intéressés, 49,3 % avaient une faible perception de leur propre niveau de risque, 35,2 % ont exprimé une certaine inquiétude vis-à-vis des effets secondaires de la PrEP, 28,1 % ont cité la nécessité d’utiliser quand même le condom pour combattre les autres ITSS, 23,9 % ont indiqué une efficacité incomplète (pas 100% efficace) et 22,5 % ne voulaient pas passer à travers des prises de sang régulières. Les estimations venant du modèle ajusté ont indiqué que les participants qui avaient répondu « oui » et « pas sûr » à la question « Pensez-vous être à risque de contracter le VIH ? » étaient respectivement 15,7 fois et 3,9 fois plus susceptibles d’être intéressés à prendre la PrEP. Le fait d’être conscientisé et informé sur la PrEP en tant que moyen de prévenir l’infection au VIH était 2,5 x associé à montrer un intérêt à utiliser la PrEP. Cette étude suggère qu’un manque de connaissances vis-à-vis de l’évaluation du risque personnel de contracter le VIH et de la PrEP en tant que tel comme moyen de prévention peut en effet influencer l’intérêt vis-à-vis de la PrEP.
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