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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
20 janvier 2022
Le VHC est un problème de santé publique qui affecte plus de 71 millions de personnes à travers le monde. Dans de nombreux pays, la majorité des nouvelles infections et infections existantes sont recensées chez les personnes qui utilisent de drogues par injection (PUDI). Des études se sont déjà penchées sur le taux de réinfection au VHC dans cette population. En effet, même si le traitement par antiviraux à action directe (AAD) est aussi efficace chez les PUDI que chez les non-PUDI, des questions demeurent en ce qui concerne le taux de réinfection au sein des PUDI, du fait justement des pratiques d’injection qui pourraient les mettre à risque de contracter le VHC à nouveau. Une étude observationnelle a été réalisée à Victoria en Colombie-Britannique, par Selfridge, M., & al. (International Journal of Drug Policy, 2021) afin d’évaluer les taux de réinfection par le VHC, à la suite d’un traitement par AAD qui s’est avéré efficace, en fonction aussi de différents facteurs associés – comme le VIH, par exemple. Les données ont été collectées entre 2014 et 2019, et provenaient du Cool Aid Health Community Centre de Victoria. Le Cool Aid Community Health Centre sert 5000 personnes vulnérables qui vivent avec des problèmes de santé mentale, de consommation de substances et d’itinérance. Ce centre offre à ses clients un programme sur le VHC qui inclut des services de réduction des méfaits. Tous les patients ont reçu et suivi une thérapie par AAD.
Selon les résultats, 482 personnes avaient suivi un traitement contre le VHC, 468 avaient complété le traitement (97 % des 482) et 418 (soit 87 % des 482) avaient accédé à la guérison (réponse virologique soutenue). Au total, 15 % (des 482) étaient coinfectées par le VIH et le VHC. Les traitements qui ont été utilisés sont : Epclusa (sofosbuvir + velpatasvir), Harvoni (sofosbuvir + lédipasvir) et Zepatier (elbasvir + grazoprévir). Au total, il y a eu 22 (soit 5 % ou 3,6 cas/100 personnes-années) cas de réinfection, à savoir que 22 patients ont contracté le VHC une nouvelle fois à la suite du premier traitement – ce qui représente un taux de réinfection relativement faible. Sur ces 22 personnes, seulement sept ont choisi de suivre le traitement à nouveau et six personnes ont guéri. Selon l’étude, 91 % des cas de réinfection se sont produits chez les PUDI. Les cas de réinfection étaient aussi plus nombreux chez les PVVIH que chez les personnes séronégatives. Les facteurs associés à la réinfection au VHC incluaient donc l’usage récent de drogue par injection et la coinfection par le VIH. Par ailleurs, 55 décès sont survenus pendant ou après le traitement (7,4 décès/100 personnes-années). La surdose était à l’origine de 35 % de ces décès, alors que la maladie hépatique avancée, les maladies cardiaques chroniques et les maladies pulmonaires chroniques ont contribué au reste des décès qui sont survenus dans cette étude. Selon l’équipe de recherche, ces résultats soulignent « l’importance d’intégrer des stratégies visant la réduction des méfaits liés aux drogues dans les soins prodigués aux personnes atteintes du VHC ». D’après les auteurs, plusieurs raisons peuvent expliquer un nombre de cas de réinfection plus élevé chez les PVVIH que chez les personnes séronégatives. Parmi elles, il est avancé que le VIH affaiblit le système immunitaire, si bien que celui-ci a moins de chances de se débarrasser spontanément du VHC (normalement le système immunitaire se débarrasse spontanément du VHC) chez les personnes co-infectées que chez celles n’ayant pas le VIH. Autre explication : les PVVIH nécessitent plus de consultations médicales et de tests de laboratoire (pour le suivi du compte CD4+ et de la charge virale) que les personnes n’ayant pas le VIH. Elles ont par conséquent plus d’interactions avec le système de santé, ce qui augmente la probabilité de détecter chez elles une réinfection au VHC.
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