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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
5 novembre 2022
Une large étude (Voir : Grulich, A. E., & al., The Lancet HIV, 2022 et aussi Dharan, N. J., & al., Clinical Infectious Diseases, 2022) a été menée en Australie (Nouvelles-Galles du Sud), auprès de 9596 personnes (9448 issus de la communauté HARSAH) recrutées depuis 31 sites différents, qui avaient participé à un programme portant sur la prophylaxie préexposition au VIH (PrEP), et ce, entre 2016 et 2019. Avant de participer à l’étude – du nom de « Expanded PrEP Implementation in Communities – New South Wales » (EPIC-NSW), les individus devaient se présenter comme à risque de contracter le VIH et se faire tester pour le VIH et les autres ITSS. Avec un résultat négatif, ils pouvaient participer à l’étude en question et se faire prescrire la PrEP, qui consistait en l’administration d’une combinaison de ténofovir disoproxyl fumarate (TDF) et d’emtricitabine (FTC), sous forme d’un seul comprimé à prendre oralement une fois par jour pendant un mois. Ils retournaient ensuite à la clinique pour se faire tester et obtenir une autre prescription pour 60 jours, même chose ensuite pour une prescription pour 90 jours et ainsi de suite tous les trois mois.
Parmi les personnes suivies, 30 individus ont contracté le VIH parmi les 9596 participants de l’étude. L’équipe de recherche a pu avoir les données de 22 de ces personnes en ce qui concerne leur observance thérapeutique (adhésion). Apparemment, 18 d’entre elles (soit 82 %) avaient cessé la PrEP un mois ou plus avant leur diagnostic de VIH et les quatre autres hommes avaient fait preuve d’une observance insuffisante de la PrEP quotidienne. Voici les raisons avancées pour expliquer l’interruption de la PrEP : le risque de contracter le VIH considéré comme faible (activité sexuelle réduite, entrée dans une relation monogame), l’incapacité de payer la PrEP, l’apparition de lésions rénales ou encore l’oubli de prendre la PrEP après être parti en voyage. Les auteurs ont aussi calculé le MPR (Medication Possession Ratio), défini comme le rapport entre le nombre de jours où le patient a consommé ses médicaments sur le nombre de jours où il aurait dû consommer ses médicaments – plus on est proche de 1, plus l’adhésion est bonne. Dans cette étude, le MPR moyen a chuté de 0,93 à 0,64 entre le premier et le neuvième trimestre. Être plus jeune, vivre dans une zone (code postal) avec une proportion moins élevée d’individus homosexuels, rapporter plus de prise de risque à l’entrée de l’étude et avoir un MPR inférieur à 0,6 étaient associés à une incidence plus élevée de contracter le VIH. En conclusion, environ 0,3 % des utilisateurs de PrEP sont devenus séropositifs mais ceci était essentiellement dû à une mauvaise adhésion à la PrEP (observance insuffisante). D’autres études pourraient être nécessaires afin de comprendre pourquoi certains utilisateurs de PrEP éprouvent des difficultés à suivre le schéma recommandé pour une prévention optimale.
Consulter les articles associés à l’étude sur Clinical Infectious Diseases et sur The Lancet HIV.
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