Les effets secondaires sont une préoccupation fréquente chez les utilisateurs actuels et potentiels de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH, pouvant entraîner des oublis dans les doses à prendre. Les chercheurs ont examiné dans cette étude (Rudd, M., & al., AIDS Patient Care STDs, 2024) la relation qui pouvait exister entre les effets secondaires rapportés par les utilisateurs et leur adhérence à la PrEP, au sein de la cohorte « ON-PrEP » (Ontario PrEP Cohort).
Au total, 600 participants, principalement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH, 87,3 %), blancs (65,8 %) et masculins (95,0 %), ont complété des questionnaires évaluant la présence et la gravité de cinq catégories d’effets secondaires, à savoir : des nausées, des diarrhées, des maux de tête, des douleurs abdominales et d’« autres » types d’effets secondaires. Leur adhérence à la PrEP quotidienne (toute dose manquée au cours des quatre derniers jours) a de même été évaluée.
Selon les résultats, au total, ce sont 175/600 participants (29 %) qui ont rapporté avoir éprouvé des effets secondaires à un moment donné : le plus fréquemment des épisodes de diarrhée (7,5 % des visites de l’étude), et la plupart du temps, ceux-ci étaient de faible gravité. Avoir un revenu moins élevé (p = 0,01), s’identifier en tant que bisexuel (p = 0,04) et avoir une préoccupation initiale concernant les effets secondaires (p < 0,001) étaient associés à la déclaration d’effets secondaires, justement.
Fait intéressant, la probabilité de rapporter des effets secondaires diminuait d’un facteur de 0,44 pour chaque année supplémentaire d’utilisation de la PrEP. Cependant, un participant sur 10 rapportait encore des effets secondaires après un an d’utilisation. La probabilité de rapporter une adhérence optimale était :
- 0,48 (0,28–0,83) fois plus faible chez les participants rapportant des effets secondaires,
- 0,67 (0,51–0,89) fois plus faible par catégorie additionnelle (supplémentaire) d’effets secondaires rapportée,
- et 0,78 (0,65–0,97) fois plus faible pour chaque augmentation incrémentielle de la gravité des effets secondaires (qui ont été évalués).
Dans cette étude, les auteurs ont pu démontrer qu’il y avait une interaction entre les effets secondaires rapportés par les utilisateurs de PrEP et la durée d’utilisation de la PrEP, suggérant que ces relations étaient plus marquées chez les participants prenant la PrEP depuis plus longtemps. Selon les auteurs, les cliniciens devraient s’efforcer de recueillir les expériences des patients concernant les effets secondaires et envisager des conseils sur les risques ainsi que des régimes alternatifs de PrEP pour favoriser l’adhérence.
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XLG
