L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale à base de fumarate de ténofovir disoproxil (TDF), l’anneau vaginal à la dapivirine, et le cabotégravir en suspension injectable intramusculaire à libération prolongée (CAB-LA) pour la prévention du VIH dans les populations à risque substantiel d’infection par le VIH. La grossesse est une période de risque élevé d’infection maternelle au VIH et de transmission au nourrisson. Cette revue systématique et méta-analyse (Erlwanger, A., & al., eClinicalMedicine, 2024) a exploré et évalué le risque d’obtenir des répercussions (résultats observés) périnatales indésirables chez les femmes enceintes séronégatives qui utilisent la PrEP.
Les auteurs de cette étude ont mené ici une revue systématique de la littérature existante, en effectuant une recherche approfondie dans Medline, EMBASE, CINAHL, Global Health, Cochrane Library, WHO ICTR, ISRCTN, PACTR et ClinicalTrials.gov des études publiées entre le 1er janvier 2000 et le 29 août 2023. Ont été incluses les études qui avaient examiné l’association entre le suivi de la PrEP pendant la période anténatale et 13 résultats périnataux que sont : la naissance prématurée (NP) ou prématurité, la naissance très prématurée (NTP), la prématurité spontanée ou naissance prématurée spontanée (NPS), la naissance très prématurée spontanée (NTPS), le faible poids à la naissance (FPN), le très faible poids à la naissance (TFPN), le faible poids à la naissance à terme (FPNT), le faible poids à la naissance prématurée (FPNP), petit pour l’âge gestationnel (PAG), très petit pour l’âge gestationnel (TPAG), la fausse couche (FC), la mortinaissance (M) et le décès néonatal (DN).
La PrEP associée à une réduction du risque de prématurité
D’après les résultats, 13 études, à savoir huit essais contrôlés randomisés (ECR) et cinq études de cohorte, qui ont permis d’évaluer 8 712 femmes enceintes en Afrique, ont été incluses dans cette étude. La PrEP orale, comparée à l’absence de PrEP, n’a pas été associée à la (NP) dans les méta-analyses de six des ECR (rapport de cotes OR = 0,73) ou des cinq études de cohorte non ajustées (OR = 0,84), mais a été associée à une réduction du risque de (NP) dans trois études de cohorte ajustées (aOR = 0,67). Il n’y a pas eu d’association de la PrEP orale avec le (FPN), le (TFPN), le (PAG) ou le (DN), en comparant avec l’absence de PrEP. Il n’y a pas eu d’association non plus avec la (NP) lorsque la PrEP orale TDF/emtricitabine (FTC), la PrEP orale TDF seul, et le gel vaginal au ténofovir étaient comparés entre eux. Il n’y a pas eu d’association de l’anneau vaginal à la dapivirine avec la (NP) ou le (DN), en comparaison avec le placebo ou à la PrEP orale TDF/FTC. Il n’y a eu aucune donnée de trouvée sur le CAB-LA.
En conclusion, selon les auteurs, il n’y a eu aucune preuve de répercussions indésirables périnatales qui pourraient être associées à l’exposition à la PrEP pendant la grossesse. Ces résultats viennent donc appuyer la recommandation de l’OMS indiquant que la PrEP orale est sécuritaire pendant la grossesse.
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