Aux États-Unis, une résurgence de l’épidémie de méthamphétamine affecte de manière disproportionnée les communautés minoritaires culturelles, sexuelles et de genre (Rivera, A. V., & al., AIDS and Behavior, 2021). Or, l’utilisation de méthamphétamine peut entraîner des troubles psychiatriques graves, conduire à des surdoses mortelles et poser des risques supplémentaires conduisant à la transmission du VIH (Grov, C., & al., JAIDS, 2020). Plus particulièrement, parmi les personnes issues des minorités sexuelles et de genre (MSG) assignées de sexe masculin à la naissance (« MSG-ASM »), l’utilisation de méthamphétamine est répandue et est associée à une diminution de l’efficacité de la prévention biomédicale du VIH, par exemple. Ainsi, identifier les facteurs de risque concernant l’utilisation de méthamphétamine est crucial pour orienter les interventions préventives.
Cette étude de cohorte (Carrico, A. W., & al., PNAS, 2024) appelée « RADAR » a suivi 1296 personnes issues des « MSG-ASM ». Les participants étaient âgés de 16 à 29 ans et résidaient à Chicago (Illinois, États-Unis). Tous les participants ont rapporté avoir eu une relation sexuelle avec un autre homme au cours de l’année précédente ou bien se sont identifiés comme une personne appartenant à une MSG. Les visites réalisées dans le cadre de cette étude, ont été effectuées deux fois par an pendant une durée moyenne de cinq ans. Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ont été inscrites à l’inclusion (n = 195) ou ont été séroconverties au cours du suivi (n = 89). Le statut VIH a été déterminé par un test rapide au point de service lors des visites en personne.
D’après les analyses, la prévalence de l’utilisation auto-déclarée de méthamphétamine a augmenté de 2015 à 2023 (rapport de taux d’incidence IRR = 1,07), en particulier chez les personnes âgées de 25 ans ou plus (IRR = 2,20) en début d’étude. La prévalence a atteint un pic de 9,9 % (en 2018) et de 4,6 % (en 2017) pour les personnes âgées de 25 ans ou plus et celles âgées de 16 à 24 ans (en début d’étude), respectivement.
Par ailleurs, il y a eu 130 cas incidents de première utilisation de méthamphétamine (c’est-à-dire toute utilisation auto-déclarée ou toxicologie urinaire réactive) sur un total de 5128 années-personnes (taux d’incidence brut = 2,53/100 années-personnes). L’âge moyen de la première utilisation de méthamphétamine était de 23,9 ans. D’après les analyses statistiques, voici les paramètres qui ont été indépendamment associés à des taux plus élevés de première utilisation de méthamphétamine :
- un diagnostic antérieur de VIH – avec un rapport de risques ajusté RRA = 2,02 ;
- toute utilisation de cocaïne – avec un RRA = 3,28 ;
- toute utilisation de cannabis – avec un RRA = 2,15 ;
- et chaque augmentation d’un écart type de la protéine C-réactive (CRP – marqueur inflammatoire) – avec un RRA = 1,18.
Discussion
En conclusion de cette étude, les personnes issues des « MSG-ASM » présentaient des taux deux fois plus élevés de première utilisation de méthamphétamine après un diagnostic du VIH, et chaque augmentation d’un écart type de la protéine C-réactive était associée à une augmentation de 18 % des taux de première utilisation de méthamphétamine. Selon les auteurs, la séroconversion au VIH et l’inflammation pourraient augmenter le risque d’initiation à l’utilisation de méthamphétamine chez les personnes issues des « MSG-ASM ».
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XLG
