En janvier 2017, le centre de santé communautaire Trillium Health – localisé à Rochester (NY, États-Unis), a commencé l’initiation rapide (ou immédiate) de la thérapie antirétrovirale (IR-TAR ou RSA pour « rapid start of antiretroviral therapy ») pour le traitement du VIH en tant que « soin standard ». Ce modèle de traitement initie la thérapie antirétrovirale (TAR) le jour même ou aussitôt après un test de dépistage rapide du VIH au point de service (PDS) réactif (positif) ou un test de détection des anticorps contre le VIH (anti-VIH-1/VIH-2), et ce, avant la réalisation des tests de charge virale de l’ARN du VIH-1 (quantification de l’acide ribonucléique) ou d’autres tests de laboratoire de base (tests de confirmation). L’IR-TAR réduit le temps entre le diagnostic du VIH et le début de l’initiation de la TAR. Les recherches ont déjà montré que l’IR-TAR conduisait à de meilleurs résultats cliniques, notamment à une meilleure rétention dans les soins et à une suppression virale plus grande, en comparaison avec les autres modèles d’initiation de la TAR existants.
L’analyse (Valenti, W., & al., Aids Research and Therapy, 2024) a été effectuée sur des personnes qui se sont présentées à la clinique Trillium avec un diagnostic du VIH nouvellement confirmé ou des résultats réactifs préliminaires, et ce, entre octobre 2018 et septembre 2021. Leur diagnostic avait été obtenu auparavant à travers les services offerts par Trillium ou bien à l’externe. Les participants devaient répondre aux critères suivants : être âgés d’au moins 18 ans, être naïfs à la TAR et se présenter à Trillium pour un traitement dans les 21 jours suivant la réception de leur diagnostic du VIH. Dès leur arrivée, les participants avaient subi une évaluation initiale et avaient pu commencer un traitement composé d’un comprimé unique de B/F/TAF (bictégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide), et ce, le jour-même de leur présentation à la clinique. Pour information, une pharmacie interne chez Trillium fournit des médicaments sur ordonnance et peuvent-être récupérés le jour même, livrés par coursier ou envoyés par courrier. Les visites de suivi ont été effectuées selon le protocole sur une durée de 48 semaines, au centre Trillium.
Le critère d’évaluation principal de l’étude a été le temps nécessaire pour atteindre la suppression virologique. Le temps de suppression virologique a été mesuré en moyenne de jours écoulés entre le début de la TAR et l’atteinte d’une charge virale de moins de 200 copies/mL et de moins de 50 copies/mL. Il faut savoir que le critère de suppression virale à moins de 200 copies/mL est couramment utilisé dans la littérature pour représenter un statut non transmissible, et celui de moins de 50 copies/mL est la norme clinique typique pour la suppression virologique.
Le groupe contrôle – dit « historique », comprenait quant à lui tous les patients adultes qui se sont présentés à Trillium avec un nouveau diagnostic du VIH et qui ont reçu une initiation standard de la TAR entre janvier 2014 et août 2017, et ce, avant la mise en œuvre de l’IR-TAR à Trillium.
Temps écoulé toujours réduit dans le groupe « IR-TAR »
Selon les résultats, 45 participants au total (pour suivre l’IR-TAR) ont été inclus dans l’analyse : 26 participants ont reçu leur diagnostic à Trillium et 19 participants ont été diagnostiqués à l’extérieur. Pour chacune des mesures suivantes, le temps écoulé a toujours été moins élevé dans le groupe « IR-TAR » que dans le groupe contrôle, et ce, que ce soit :
- entre le moment du diagnostic du VIH et la présentation à la clinique : 0 jour (0-3) vs. 10 jours ;
- entre la présentation à la clinique et l’initiation à la TAR : 0 jour vs. 42 jours ;
- entre le moment du diagnostic du VIH et l’initiation à la TAR : 0 jour (0-3) vs. 53 jours.
Dans le groupe « IR-TAR » de l’étude, 33 participants (76 %) ont commencé la TAR dans les 3 jours suivant leur diagnostic. Tous les participants du groupe « IR-TAR » de l’étude ont été traités avec le régime B/F/TAF pendant toute la durée de l’étude. Les patients du groupe de contrôle étaient sous divers régimes thérapeutiques.
Au cours des 48 semaines de suivi, aucun échec virologique n’a été observé chez les patients traités avec B/F/TAF. Le délai moyen entre le diagnostic et la réception des résultats de laboratoire de génotype était de 23 jours. 43 participants à l’étude (95,6 %) avaient une charge virale (CV) < 200 copies/mL à la 48e semaine. 41 participants (91,1 %) ont atteint une CV < 50 copies/mL. En comparant les deux groupes, la durée était toujours plus courte pour le groupe « IR-TAR » que pour le groupe contrôle pour les mesures suivantes :
- entre le diagnostic du VIH et l’atteinte de la CV inf. à 200 copies par mL : 21 vs 112 jours ;
- entre l’initiation de la TAR et l’atteinte de la CV inf. à 200 copies par mL : 16 vs. 34,5 jours ;
- entre le diagnostic du VIH et l’atteinte de la CV inf. à 50 copies par mL : 32 vs. 181 jours ;
- entre l’initiation de la TAR et l’atteinte de la CV inf. à 50 copies par mL : 28 vs. 62 jours.
En conclusion, un traitement quotidien fait de comprimés uniques de B/F/TAF a été efficace chez 95,6 % des participants du groupe « IR-TAR », permettant ainsi d’atteindre une charge virale indétectable en moins de 6 mois après l’initiation de la TAR. De plus, conformément à la littérature, les chercheurs ont réussi à démontrer ici que l’« IR-TAR » réduisait le délai entre le diagnostic initial du VIH et l’initiation de la TAR, réduisant par conséquent le temps entre le diagnostic initial et la suppression virale. Une suppression virologique plus rapide et durable diminue les opportunités de transmission, selon les auteurs.
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XLG
