D’après une étude qui a été présentée lors du Congrès international du foie 2023 (The Liver Meeting, TLM 2023) qui s’est déroulé à Boston, du 10 au 14 novembre, des chercheurs ont rapporté que le suivi d’un traitement à base de statines était relié à un risque réduit de complications hépatiques et de décès chez les personnes qui n’avaient pas d’antécédents de maladie hépatique. Sur la base de ces résultats, les chercheurs ont suggéré que des essais cliniques randomisés soient menés pour tester les statines pour la prévention des maladies du foie. On sait que les maladies hépatiques chroniques, telles que la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) – nouvellement renommée « maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique » (MASLD), ainsi que l’hépatite virale, contribuent de manière significative à la morbidité et à la mortalité reliées au foie. Les statines, couramment prescrites pour traiter la dyslipidémie (taux de cholestérol et/ou de triglycérides élevés), sont aussi reconnues pour posséder des effets hépatoprotecteurs, et ce, au-delà de leurs propriétés de réduction des lipides (lipoprotéines de faible densité ou cholestérol-LDL). Cette étude (Vell, M. S., & al.) visait en fait à évaluer l’association entre l’utilisation de statines et les résultats cliniques reliés au foie, y compris l’incidence du carcinome hépatocellulaire et la mortalité reliée au foie, au sein de la population générale, en utilisant les données de la « UK Biobank » (base de données biomédicale).
L’appariement sur score de propension (PSM, propensity score matching) a été utilisé pour associer entre eux les patients ne présentant pas d’antécédents de maladie hépatique. Les patients ont été appariés selon les critères suivants : l’âge, le sexe, l’IMC (indice de masse corporelle), l’origine culturelle, le diabète sucré avec ou sans utilisation d’insuline ou de biguanides (anti-diabétiques oraux), l’hypertension, la cardiopathie ischémique (maladie des artères coronaires), la dyslipidémie, l’utilisation d’aspirine, et le nombre de médicaments utilisés. L’étude a par la suite comparé les principaux résultats obtenus entre 205 057 utilisateurs de statines et non-utilisateurs après appariement, et ce, en utilisant des modèles de régression de Cox ainsi que des modèles de Fine et Grey dans R. La maladie hépatique incidente a été définie come tout nouveau diagnostic relevé après l’état initial des patients au démarrage de l’étude (baseline).
Risque réduit de 15,4 % de développer une maladie hépatique
Selon les résultats, parmi les individus recrutés (n = 205 057), les utilisateurs de statines ont présenté, par rapport aux non-utilisateurs de statines, un risque réduit de 15,4 % de développer une nouvelle (incidente) maladie hépatique (HR = 0,846), un risque réduit de 28 % de décès associé au foie (HR = 0,720) et un risque réduit de 42 % de développer un carcinome hépatocellulaire (HR = 0,580). Lors de la comparaison effectuée entre les utilisateurs de statines et les non-utilisateurs qui nécessitaient une prescription de traitement par statines (qui présentaient une indication de suivre un traitement par statines), la réduction du risque de nouvelle maladie hépatique atteignait cette fois 23,6 % (HR = 0,76). Selon les auteurs, cette analyse approfondie fournit des preuves solides qui soulignent les avantages préventifs potentiels des statines sur la maladie hépatique.
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