En Australie, l’incidence du virus de l’hépatite C (VHC) a diminué chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) vivant avec le virus du VIH depuis 2015, et est faible chez les HARSAH utilisant la prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP). Cependant, les tests de dépistage et les traitements continus contre le VHC restent nécessaires pour maintenir cette tendance. Afin d’évaluer l’utilité potentielle des diagnostics antérieurs d’infections transmissibles sexuellement (ITS), pour orienter le dépistage du VHC chez les HARSAH vivant avec le VIH et ceux utilisant la PrEP, les chercheurs ont examiné dans cette étude (Harney, B. L., & al., Open Forum Infectious Diseases, 2024) l’association existante entre les diagnostics d’ITS bactériennes antérieures et une infection primaire ultérieure par le VHC.
Méthodes
Les données provenaient d’un réseau de 46 cliniques participant au projet ACCESS (Australian Collaboration for Coordinated Enhanced Sentinel Surveillance of Sexually Transmissible Infections and Blood-borne Viruses). La période d’observation s’est étendue de 2016 à 2020. Les HARSAH inclus dans l’analyse étaient négatifs pour le test anti-VHC au 1er janvier 2016 et présentaient ≥1 test supplémentaire anti-VHC ou d’ARN-VHC pour évaluer l’apparition d’une infection à VHC au cours de la période d’observation du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2020. Une exposition aux ITS bactériennes a été définie ici comme un résultat positif aux tests de syphilis, de chlamydia rectale et de gonorrhée rectale dans les deux années précédant le test de dépistage du VHC. Une analyse de survie en temps discret a été utilisée pour estimer l’association entre un diagnostic positif de syphilis, de chlamydia rectale et de gonorrhée rectale au cours des deux années précédant le test du VHC et un diagnostic primaire de VHC, défini comme un résultat positif au test d’anticorps anti-VHC ou d’ARN-VHC.
Risque deux fois plus élevé si diagnostic antérieur de syphilis
D’après le résultats, parmi les 6529 HARSAH vivant avec le VIH, 92 (soit 1,4 %) ont présenté une infection incidente par le VHC. Un diagnostic positif antérieur de syphilis était associé à un diagnostic incident de VHC (RRa = 1,99) – le risque de présenter un diagnostic positif du VHC était deux fois plus élevé. Parmi les 13 061 HARSAH sous PrEP, 48 (0,4 %) ont eu un diagnostic incident du VHC. Les diagnostics antérieurs de chlamydia rectale (RRa = 2,75) et de gonorrhée rectale (RRa = 2,54) étaient indépendamment associés à un diagnostic incident du VHC. En conclusion, les diagnostics d’ITS bactériennes révélés au cours des deux dernières années (précédant le diagnostic du VHC) étaient associés à l’incidence du VHC. Ces résultats suggèrent que les (diagnostics antérieurs) ITS bactériennes pourraient être utiles pour orienter les décisions de dépistage du VHC et les lignes directrices pour les HARSAH vivant avec le VIH et les HARSAH utilisant la PrEP, selon les auteurs.
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