Les résultats préliminaires issus de l’essai « PURPOSE 1 », étude de phase 3 (Gilead Sciences), ont indiqué que le lénacapavir (appelé LEN ou GS-6207) administré sous forme injectable aux six mois (semestriel) en tant que prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP ou PPrE) avait réussi à démontrer une efficacité de 100 % au sein d’une population composée de femmes cisgenres. Ainsi, aucune infection par le VIH n’a été en effet détectée parmi 2134 jeunes femmes et adolescentes provenant d’Afrique du Sud et de l’Ouganda.
« PURPOSE 1 » (NCT04994509) est le nom donné à un essai clinique de phase 3, mené en double aveugle et randomisé, visant à évaluer la sécurité et l’efficacité du LEN injectable administré de façon sous-cutanée deux fois par an (semestriel) en tant que prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP), par rapport à l’association emtricitabine (FTC) 200 mg / ténofovir alafénamide (TAF) 25 mg (Descovy®) administrée oralement une fois par jour. La population testée dans le cadre de cet essai, réunissait plus de 5 300 femmes cisgenres et adolescentes âgées de 16 à 25 ans, provenant de 25 sites localisés en Afrique du Sud et trois autres en Ouganda. Les médicaments ont été évalués en parallèle (en même temps), avec un groupe recevant le LEN deux fois par an et un autre groupe recevant du TAF/FTC en version orale quotidienne. De plus, un troisième groupe a été assigné à la prise de Truvada® – associant l’emtricitabine 200 mg au fumarate de ténofovir disoproxil 300 mg (TDF/FTC), pris en version orale quotidienne. L’ensemble des participantes à l’étude ont été randomisées selon un ratio de 2:2:1 pour recevoir respectivement du LEN (2134 patientes), du Descovy® (2136 patientes) et du Truvada® (1068 patientes). Étant donné que des options efficaces de PrEP existent déjà, il y a un consensus général dans le domaine de la PrEP qu’un groupe placebo serait contraire à l’éthique ; ainsi, l’essai a utilisé la « bVIH » comme comparateur principal et le Truvada® comme comparateur secondaire. L’incidence de base ou de référence du VIH (bVIH) a été obtenue en effectuant un dépistage du VIH dans la même population (dite population locale) de laquelle sont issues les patientes de l’étude (qui ne prennent pas la PrEP), mais appariée cependant à la population choisie pour l’essai en question – celle-ci comprenait 8094 participantes.
Selon les résultats de l’étude, il n’y a eu aucun cas incident d’infection par le VIH parmi les 2 134 femmes du groupe prenant le LEN (incidence de 0,00/100 personnes-années ou PA). Par contre, il y a eu 16 cas incidents parmi les 1 068 femmes du groupe Truvada® (incidence de 1,69/100 PA). Les résultats ont démontré la supériorité du LEN injectable administré deux fois par an par rapport (avec p<0,0001 pour les deux critères d’évaluation) :
- à la bVIH (critère d’évaluation principal avec une incidence de 2,41/100 PA)
- au Truvada® administré une fois par jour (critère d’évaluation secondaire avec une incidence de 1,69/100 PA).
Dans l’essai, le LEN a généralement été bien toléré et aucune préoccupation significative ou nouvelle en matière de sécurité n’a été identifiée. L’incidence du VIH dans le groupe Descovy® était numériquement similaire (39 cas incidents parmi 2 136 femmes, soit une incidence de 2,02/100 PA) à celle du groupe Truvada® et n’était pas statistiquement supérieure à celle du bVIH.
Sur la base de ces résultats, le Comité indépendant de surveillance des données (Data Monitoring Committee – DMC) a recommandé que Gilead cesse la phase en aveugle de l’essai et propose le lénacapavir en « mode ouvert » à toutes les participantes.
Lire le communiqué de Gilead.
Les résultats ont été publiés dans la revue NEJM (Bekker, L.-G., & al., 2024), que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien.
