Les schémas thérapeutiques oraux hebdomadaires (QW) pour le traitement du VIH pourraient potentiellement améliorer l’adhésion thérapeutique, comparativement aux schémas actuellement disponibles en prise quotidienne (QD). Dans ce contexte, un essai clinique de phase 2b évaluant l’efficacité d’une bithérapie hebdomadaire (administrée une fois par semaine) combinant l’islatravir (ISL) et l’ulonivirine (ULO, ou MK-8507, créé par Merck) chez des patients vivant avec le VIH (PVVIH), a été présenté lors de la 13e conférence de l’IAS (International AIDS Society) sur la science du VIH, qui s’est déroulée du 13 au 17 juillet derniers, à Kigali (Rwanda). Les résultats correspondaient à ceux obtenus à 24 semaines (S24). Les patients (n = 161) présentaient une charge virale contrôlée depuis six mois ou plus et suivaient un régime thérapeutique combinant bictégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide (B/F/TAF), et sans mutation de résistance. Plus de 90 % des patients présentaient un taux de CD4 supérieur à 350 au départ (médiane : 748).
Ils ont été répartis aléatoirement en quatre groupes, recevant chaque semaine :
- ISL (20 mg) + ULO (100 mg), pour le groupe 1 (n = 40) ;
- ISL (20 mg) + ULO (200 mg), pour le groupe 2 (n = 41) ;
- ISL (20 mg) + ULO (400 mg), pour le groupe 3 (n = 40) ;
- B/F/TAF, pour le groupe 4 (n = 40).
Cependant, cette étude a été interrompue prématurément en raison de diminutions des taux de lymphocytes totaux et des CD4 observées dans l’ensemble du programme portant sur l’ISL, y compris dans cette étude, mais avec une récupération constatée après l’arrêt du traitement. Au total, lorsque l’étude a été interrompue, 153 patients avaient atteint S24 et les données pour 116 patients ont été disponibles. Tous les patients ont maintenu leur charge virale indétectable (en-dessous de 50 copies/mL). Aucun échec virologique n’a été recensé – défini dans cette étude comme deux charges virales plasmatiques consécutives ≥ 200 copies/mL. Les taux d’effets indésirables (EI) étaient équivalents entre les groupes : 75 % pour le groupe (1), 75,6 % pour le groupe (2), 80 % pour le groupe (3) et 67,5 % pour le groupe (4).
Enfin, les patients ayant reçu les combinaisons incluant l’ISL et l’ULO ont en effet présenté des diminutions du nombre de lymphocytes plus importantes (–26,6 % vs. –2,5 %) ainsi que du nombre de CD4 (–23,9 % vs –0,8 %) – principale raison pour laquelle l’étude a été interrompue. Cependant, ces diminutions étaient réversibles, et les taux de lymphocytes et de CD4 sont revenus à leurs valeurs initiales dans les 24 semaines suivant l’arrêt du schéma thérapeutique.
Conclusion de l’étude
Les trois schémas posologiques se sont révélés efficaces de manière égale pour maintenir la suppression virale jusqu’à S24. Les trois schémas posologiques présentaient un profil d’EI comparable et similaire à celui du B/F/TAF. Les diminutions des taux de lymphocytes totaux et de CD4 observées avec l’ISL 20 mg + ULO hebdomadaire (QW) ont été suivies d’une tendance à la récupération après l’arrêt du traitement (récupération totale 24 semaines après l’arrêt). Selon les auteurs, les résultats viennent appuyer la poursuite du développement clinique de l’ISL oral hebdomadaire (mais à une dose abaissée à 2 mg) associé à l’ULO (200 mg).
En savoir plus : résumé IAS 2025.
Autre source à consulter concernant cet essai.
XLG
