Un schéma thérapeutique oral administré une fois par semaine (hebdomadaire), associant l’islatravir (ISL) et le lénacapavir (LEN), a permis de maintenir la suppression virale pendant une période de deux ans (96 semaines, 96S), selon les résultats d’une étude (Colson, A. E., & al., 2025) qui ont été présentés lors de la 20e Conférence de l’EACS (Société Européenne de Recherche Clinique sur le Sida – European AIDS Clinical Society) ou 20e Conférence européenne sur le sida (European AIDS Conference), qui s’est déroulée du 15 au 18 octobre au Palais des Congrès, à Paris (France). En effet, les données les plus récentes de cet essai de phase II ont montré que la majorité des personnes ayant remplacé un schéma oral quotidien largement utilisé par une prise hebdomadaire de LEN + ISL ont pu maintenir leur charge virale indétectable jusqu’à 96S. Si ces résultats sont confirmés par les études de phase III en cours, ce traitement pourrait devenir le schéma antirétroviral à la plus longue durée d’action ne nécessitant pas d’injections.
Méthodologie
Dans cette étude de phase 2, randomisée, ouverte, contrôlée par traitement actif (NCT05052996), des adultes présentant une suppression virologique à l’entrée à l’étude (n = 104) et suivant un régime à base de Biktarvy® (à savoir des comprimés contenant du bictégravir 50 mg, de l’emtricitabine 200 mg et du ténofovir alafénamide 25 mg, ou B/F/TAF) ont été répartis aléatoirement dans un ratio de 1:1 pour :
- soit recevoir de l’ISL oral 2 mg et du LEN oral 300 mg, une fois par semaine (n = 52),
- soit continuer leur régime à base de Biktarvy® oral quotidien (n = 52).
L’âge médian des participants était de 40 ans (20-76). 18 % des participants étaient assignés femmes à la naissance, 50 % n’étaient pas blancs et 29 % étaient latino-américains.
Rappel de résultats à 48S
Pour rappel, à 48S (voir article du PNMVH), la nouvelle combinaison expérimentale LEN + ISL avait maintenu un taux élevé (n=49/52 ; 94,2 %) de suppression virale (avec un ARN du VIH-1 < 50 copies/mL) chez des adultes ayant déjà une suppression virologique à l’entrée de l’étude. La proportion d’individus avec une ARN du VIH-1 < 50 copies/mL à 48S a montré que les participants ayant changé pour un traitement hebdomadaire avec ISL + LEN ou ayant continué Biktarvy ont maintenu des taux comparables et élevés de suppression virale à 48S (94,2 % et 92,3 %, respectivement). Aucun des participants traités avec ISL + LEN ou Biktarvy® n’a présenté une charge virale ≥ 50 copies/mL à 48S. À 24S, 49 (94,2 %) et 48 (92,3 %) participants avaient pu maintenir leur suppression virale dans les groupes ISL+LEN et B/F/TAF, respectivement.
Résultats à 96S : phase d’extension de l’étude
Cette année, ont été présentés des données portant sur 46 personnes qui recevaient la combinaison expérimentale et qui avaient intégré la phase d’extension de l’étude et qui ont donc été suivies pendant au moins 96S. En fait, parmi les 52 participants initiaux (recrutés à t = 0), deux ont interrompu le traitement hebdomadaire en raison d’effets indésirables non liés aux médicaments de l’étude, deux ont cessé pour des raisons personnelles et deux ont choisi de ne pas participer à la phase d’extension. Après deux ans de traitement, 88,5 % des participants initialement assignés à ISL + LEN (46/52) et 100 % de ceux ayant complété la phase d’extension (46/46) ont maintenu leur suppression virale. Aucun participant n’a présenté une charge virale ≥ 50 copies/mL à 96S au moment de l’interruption de l’étude, et aucune résistance virale émergente au LEN ou à l’ISL n’a été détectée. L’observance, évaluée par le comptage des comprimés, dépassait 99 %.
La combinaison a été sûre et bien tolérée, de manière générale. Sur une période de 96S, 19,2 % des participants et participantes recevant la combinaison ISL + LEN ont présenté des effets indésirables (EI) liés au traitement, tous d’intensité légère à modérée. Les EI les plus fréquents étaient la sécheresse buccale et les nausées. Aucune diminution cliniquement significative du taux de CD4 (diminution moyenne de 33 cellules) ni du nombre total de lymphocytes n’a été observée – entre les données initiales et à 96S (et au-delà, à 108S), et aucun des participants n’a interrompu le traitement pour cette raison. Le poids corporel et l’indice de masse corporelle sont restés stables au cours des deux années de suivi.
Pour en savoir plus, cliquer sur ce lien.
Voir les données présentées lors de la conférence.
Voir article sur le PNMVH portant sur les résultats à 48S.
XLG
