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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
10 janvier 2024
Bien que le dépistage des infections sexuellement transmissibles (ITS) aux trois mois permette un diagnostic et un traitement plus précoces, principalement des ITS bactériennes asymptomatiques, par rapport au dépistage aux six mois, ce ne sont cependant pas tous les utilisateurs de PrEP qui nécessitent des tests à cette fréquence. En effet, des études ont montré des tendances variables au niveau de l’incidence des ITS chez les individus utilisant la PrEP anti-VIH et la caractérisation des individus présentant un risque accru d’ITS pourrait offrir une opportunité de dépistage ciblé des ITS. Dans cette étude (Jongen, V., & al., AIDS, 2023), les chercheurs ont essayé de savoir si les ITS étaient concentrées surtout dans certaines sous-populations d’utilisateurs de PrEP chez les HARSAH vivant à Amsterdam (Pays-Bas). Pour ce faire, ils ont utilisé une modélisation des trajectoires basées sur des groupes (GBTM), à savoir qu’on suppose que la population est composée de différents groupes définis par leurs trajectoires développementales. Dans cette étude, les participants recrutés dans le cadre du projet « Amsterdam PrEP » (données collectées entre 2015 et 2020) se sont fait dépister tous les trois mois pour la chlamydia et la gonorrhée urogénitales, anales et pharyngées, ainsi que pour la syphilis – à chaque visite, les participants avaient le choix de prendre la PrEP sur demande ou quotidienne et complétaient aussi un questionnaire sur leurs comportements sexuels. Les visites se sont étendues sur une période maximale de 45 mois.
Selon les résultats rapportés, 366 participants comportant au minimum un dépistage initial plus un autre dépistage de suivi ont été inclus dans l’analyse (temps moyen de suivi = 3,7 ans). Les chercheurs ont identifié en tout trois trajectoires d’incidence des ITS différentes : les participants présentant une moyenne d’environ 0,1 ITS tous les 3 mois (incidence « globalement faible » et représentant 52 % de la population), 0,4 ITS tous les 3 mois (incidence « globalement modérée », représentant 43 % de la population), et entre 0,3 et 1 ITS tous les 3 mois (incidence « élevée et fluctuante », représentant 5 % de la population). Les participants inclus dans la trajectoire « globalement faible » étaient significativement plus âgés et rapportaient moins de pratiques sexuelles sous l’influence du chemsex ainsi que moins de rapports sexuels anaux sans préservatif avec des partenaires occasionnels que les participants des autres trajectoires. Les participants des groupes présentant une incidence « élevée et fluctuante » et « globalement modérée » représentaient respectivement 23 et 64 % de toutes les ITS observées pendant le suivi. En conclusion, l’incidence des ITS était concentrée dans des sous-populations d’utilisateurs de PrEP qui étaient plus jeunes, avaient davantage de pratiques sexuelles sous influence du chemsex et de rapports sexuels anaux sans préservatif. Selon les auteurs de cette étude, la fréquence de dépistage des ITS pourrait être réduite pour les sous-populations présentant un faible risque d’ITS incidentes.
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