L’étude TANGO prolongé à 144 semaines (S144) (Osiyemi, O., & al., Clinical Infectious Diseases, 2022), avait réussi à démontrer que le passage (« switch ») à un schéma thérapeutique comprenant du dolutégravir et de la lamivudine (DTG/3TC), présentait une efficacité durable non inférieure par rapport à la poursuite de schémas thérapeutiques à base de ténofovir alafénamide (TAF) comprenant 3 ou 4 médicaments (trithérapie ou quadrithérapie), et ce, pour maintenir la suppression virologique chez les personnes vivant avec le VIH-1. Cette fois, dans cette étude, sont présentés les résultats à S196 (De Wit, S., & al., JAIDS, 2024).
TANGO (ClinicalTrials.gov; NCT03446573) est en fait le nom d’une étude de phase 3 en cours, randomisée, multicentrique, ouverte, de non-infériorité, évaluant l’efficacité et la sécurité du passage au schéma de bithérapie DTG/3TC en un comprimé unique, par rapport à la poursuite des schémas initiaux de tri ou quadrithérapie standards comprenant du TAF chez des adultes vivant avec le VIH-1 et présentant déjà une suppression virologique. Brièvement, ont été considérés éligibles pour passer l’étude, les adultes présentant une suppression virologique (ARN du VIH-1 < 50 copies/mL) sous un schéma thérapeutique ininterrompu comprenant du TAF – associé à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), un inhibiteur de l’intégrase (INI) ou un inhibiteur de la protéase (IP), et ce, depuis plus de 6 mois avant le dépistage, sans échec virologique antérieur ni résistance documentée aux INTI ou aux INI.
Les participants ont été stratifiés en fonction de la classe du troisième agent de base et randomisés selon un ratio de 1:1 pour soit passer à la combinaison à dose fixe en comprimé unique de DTG/3TC une fois par jour, soit continuer leur schéma thérapeutique de base à 3 ou 4 médicaments incluant le TAF, et ce, du jour 1 jusqu’à S148. Les participants randomisés pour recevoir du DTG/3TC au jour 1 faisaient partie du groupe appelé « changement précoce » (« early-switch », ES). Les participants randomisés pour continuer les schémas à base de TAF du jour 1 à S144 et qui ont ensuite changé pour le régime DTG/3TC à S148 faisaient quant à eux partie du groupe dit « changement tardif » (« late-switch », LS) – seuls ceux ayant une suppression virologique confirmée à S144 étaient éligibles pour continuer au sein du groupe LS. L’efficacité, la sécurité et la tolérabilité (y compris les changements de poids et de biomarqueurs) du DTG/3TC dans les groupes ES et LS ont été évaluées jusqu’à S196.
83 % des participants maintiennent leur suppression virologique
Selon les résultats, en tout, ce sont 369 participants qui sont passés au régime DTG/3TC au jour 1 (groupe ES) et 298 qui ont effectué ce changement à S148 (groupe LS). Dans le groupe ES, 83 % (306/369) ont maintenu la suppression virologique jusqu’à la quatrième année (S196), et 3 % (11/369) ont signalé de nouveaux événements indésirables entre S144 et S196. Dans le groupe LS, 93 % des patients (278/298) ont quant à eux présenté une suppression virologique après 48 semaines de DTG/3TC, ce qui représente une proportion similaire au groupe ES à S48 – ils avaient aussi des profils de sécurité similaires. Aucun participant du groupe LS et un seul participant du groupe ES ont rencontré les critères d’échec virologique confirmé conduisant au retrait (confirmed virological withdrawal, CVW) à S196, sans mutations associées à la résistance observées. Le traitement a continué d’être bien toléré sur le long terme.
Selon les auteurs, dans l’étude TANGO, le passage de schémas thérapeutiques à base de TAF comprenant 3 ou 4 médicaments à un schéma thérapeutique à deux médicaments DTG/3TC a continué de démontrer une efficacité élevée et durable, une barrière élevée à la résistance et une bonne tolérabilité, et ce, sur une période de quatre ans chez des adultes ayant une suppression virologique. Conformément aux analyses à 144 semaines, une proportion élevée de participants a maintenu un ARN-VIH-1 < 50 copies/mL dans le groupe ES à la quatrième année (83 %), y compris lorsque le critère d’évaluation plus strict de l’ARN du VIH-1 pour < 40 copies/mL était utilisé (75 %).
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