Une nouvelle publication rendant compte des résultats et observations issus de l’étude Engage est maintenant disponible en ligne (Cox, J., Lambert, G., & al., Direction régionale de santé publique de Montréal et Institut de Recherche du Centre Universitaire de Santé de McGill, 2025) et dresse un portrait des différents aspects de la santé sexuelle des gbHARSAH (hommes cis et trans, gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) de la région de Montréal pour la période d’étude 2017-2023. L’étude Engage vise à appuyer des interventions de prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).
Dans l’ensemble de l’étude, les participants ont été recrutés à Montréal, Toronto et Vancouver. La Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) ainsi que l’Institut de recherche du centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) ont mené le volet montréalais de l’étude en collaboration avec une équipe formée de représentants des milieux communautaire, universitaire et de santé publique. Entre février 2017 et juin 2018 (16 mois), ce sont 1179 hommes cis et trans de la région de Montréal qui ont été recrutés pour une première visite à l’étude Engage. La collecte des données à Montréal a débuté en 2017 pour se terminer en 2023 – avec un maximum de sept visites par participant (les visites de suivi avaient lieu à intervalles de 6 à 12 mois). À chacune des visites, les participants complétaient un questionnaire auto-administré et fournissaient des prélèvements biologiques afin de détecter la présence d’ITSS.
Ce portrait 2017-2023 s’inscrit dans la continuité du portrait du cycle 2017-2018 et rend compte de l’évolution des principaux indicateurs bio-comportementaux au cours des quatre périodes suivantes :
- Période I : du 2 février 2017 au 25 août 2018 (565 jours).
- Période II : du 26 août 2018 au 12 mars 2020 (565 jours).
- Période III : du 13 mars 2020 au 20 août 2021 (526 jours).
- Période IV : du 12 août 2021 au 28 janvier 2023 (525 jours).
Voici quelques faits saillants mis en lumière dans ce rapport :
- Un peu moins de la moitié des gbHARSAH montréalais sexuellement actifs étaient en relation avec un partenaire principal, et cette proportion est restée relativement stable entre 2017 et 2023. Parmi ces hommes, environ la moitié avait une entente de relation « ouverte ».
- Entre 2017-2023, près du quart des gbHARSAH montréalais consommaient l’une ou l’autre des substances suivantes : la cocaïne en poudre, le MDMA (ecstasy) et le GHB.
- La proportion des gbHARSAH rapportant du chemsex (40 %) est restée relativement stable entre 2017-2023. Elle était nettement plus importante chez les gbHARSAH vivant avec le VIH.
- Un peu moins du tiers des gbHARSAH avaient un risque modéré ou élevé de développer de la dépendance et/ou des problèmes (de santé, sociaux, financiers etc.) reliés avec la consommation d’alcool.
- Malgré une diminution de la proportion des gbHARSAH UDI (utilisateurs de drogues par injection) partageant leurs seringues entre 2017-2023, il demeure qu’à la période IV (8/2021-1/2023), près d’un homme gbHARSAH UDI sur six partageait son matériel d’injection (e.g. seringue, eau, filtre ou cuillère).
- Entre 2017-2023, environ la moitié de l’ensemble des participants et les trois-quarts des participants ayant eu 6 partenaires ou plus au cours des 6 derniers mois ont eu des tests de détection des ITSS en dehors d’une visite de suivi à l’étude Engage.
- L’utilisation de la PrEP-VIH a augmenté de 2017 à 2023 parmi les gbHARSAH montréalais chez qui celle-ci est recommandée. Cependant, entre 2021-2023, un peu plus de la moitié des gbHARSAH montréalais sexuellement actifs qui auraient pu bénéficier de la PrEP-VIH n’y ont pas eu recours.
- Parmi les gbHARSAH montréalais ayant déjà consommé des drogues par injection, la proportion de ceux ayant des marqueurs d’une infection par le VHC courante ou résolue semble avoir augmenté entre les périodes III et IV.
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