Un régime oral hebdomadaire composé de lénacapavir et d’islatravir peut maintenir la suppression virale du VIH tout comme un régime oral quotidien, selon les résultats d’une étude présentée par A. Colson, lors de la 31e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2024) qui s’est déroulée du 3 au 6 mars à Denver (Colorado, États-Unis). Pour rappel, le lénacapavir, développé par Gilead Sciences (appelé LEN ou GS-6207) est un inhibiteur de capside qui agit à plusieurs étapes de la réplication des souches virales. Il est développé en version orale, mais aussi sous forme de traitement injectable à longue durée d’action, qui s’administre de façon sous-cutanée tous les six mois. L’islatravir (appelé EFdA ou MK-8591), développé par Merck, est quant à lui un inhibiteur nucléosidique de la translocation (INTTI).
Description de l’étude
Dans cette étude de phase 2, randomisée, en ouvert, contrôlée par traitement actif (NCT05052996), des adultes virologiquement supprimés (moins de 50 copies) et suivant un régime à base de bictegravir/emtricitabine/fumarate de ténofovir alafénamide (B/F/TAF ou Biktarvy) ont été randomisés pour soit recevoir de l’islatravir (ISL) oral (2 mg) et du lénacapavir (LEN – 300 mg) une fois par semaine (ISL+LEN), soit poursuivre le régime fait à base de B/F/TAF quotidien. Les participants présentaient un compte de CD4 d’au moins 350 cell/mm3 et un compte de lymphocytes total de 900 au moins. Dans le contexte de cette étude, le critère d’efficacité principal a été la proportion de participants ayant une charge virale du VIH-1 ≥ 50 copies/mL (algorithme Snapshot défini par la FDA) à la semaine 24 (S24). Les paramètres de sécurité, y compris les taux de lymphocytes T CD4+ et de nombre absolu de lymphocytes absolus (ALC) ainsi que les événements indésirables (EI), ont également été évalués.
Un seul participant avait une charge supérieure à 50 copies/mL
Un total de 104 participants ont été recrutés et randomisés (52 par groupe) et l’âge moyen était de 40 ans. Un seul (1,9 %) participant du groupe ISL+LEN (dont la charge virale initiale du VIH était de 251 copies/mL) avait une charge virale du VIH-1 supérieure à 50 copies/mL à S24 (64 copies/mL), mais qui est passée inférieure à 50 copies/mL à S30. Aucun participant du groupe B/F/TAF n’avait une charge virale du VIH > 50 copies/mL à S24. 49 (94,2 %) et 48 (92,3 %) participants ont maintenu leur suppression virale dans les groupes ISL+LEN et B/F/TAF à S24, respectivement; 2 (3,8 %) et 4 (7,7 %) participants n’avaient pas de données à S24 en raison d’une interruption ou de visites manquées. Aucune différence entre les groupes n’a été observée dans les changements des comptes CD4+ ou du nombre absolu de lymphocytes (ALC) à S24. Des événements indésirables sont survenus chez 39 participants (75 %) du groupe ISL+LEN et 38 (73 %) du groupe B/F/TAF. Les événements indésirables les plus courants reportés chez les participants du groupe ISL+LEN comprenaient la diarrhée (n = 7; 13,5 %), l’infection des voies respiratoires supérieures (n = 6; 11,5 %) et l’arthralgie, la douleur aux extrémités et la fatigue (chacun n = 3; 5,8 %). Aucun événement indésirable de grade 3 ou 4 lié au médicament de l’étude n’a été rapporté. Deux participants ont interrompu l’ISL+LEN en raison d’événements indésirables non liés au médicament (perforation du gros intestin/colique rénale; hépatite B).
En conclusion, dans cette étude de phase 2, le premier schéma thérapeutique antirétroviral oral hebdomadaire d’ISL+LEN a maintenu la suppression virale à S24 et a été bien toléré. La dose de 2 mg d’ISL n’a montré aucune diminution cliniquement significative des comptes de CD4+ ou des ALC, comme cela avait été observé précédemment avec des doses quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles plus élevées d’ISL.
Accéder au résumé de la présentation (CROI 2024).
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