Diversité de genre, HARSAH, itinérance, consommation de substances, santé mentale.
Cure, vaccination, réservoirs…
COVID-19, variole simienne, ITSS…
Articles scientifiques sous la loupe
Données épidémiologiques

Articles scientifiques sous la loupe
20 février 2022
Les personnes présentant un déficit (ou dysfonctionnement) du système immunitaire ont un risque plus accru de développer de graves problèmes de santé à la suite d’une infection au SARS-CoV-2. Malgré cet état de fait, ces patients ont largement été exclus des grands essais cliniques qui visent à mettre en application des vaccins contre la COVID-19, créant ainsi des lacunes dans nos connaissances vis-à-vis des populations plus vulnérables. L’étude de Sun, J., & al. (JAMA, 2021) a tenu à adresser cette question : est-ce que le déficit immunitaire est associé à un risque accru d’acquérir une infection au SARS-CoV-2 à la suite d’une vaccination? Pour les besoins de cette recherche, des données ont été extraites d’une cohorte qui a été établie aux États-Unis, appelée la « National COVID Cohort Collaborative » (N3C). L’étude s’est étendue de décembre 2020 à octobre 2021. L’infection au SARS-CoV-2 dite « post-vaccinale » a été définie ici comme une infection au SARS-CoV-2 qui a été contractée 14 jours après la fin de la vaccination. Une vaccination était dite « complète » lorsque l’ensemble des doses étaient administrées et elle était dite « partielle » lorsqu’une seule dose du vaccin était administrée.
664 722 patients provenant de la cohorte N3C ont été inclus dans l’étude et avaient reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19. 5,3 % (ou 35 512) présentaient un dysfonctionnement du système immunitaire, et 8500 d’entre eux étaient des PVVIH. De manière globale, sur le nombre de personnes complètement vaccinées (604 035 patients), le taux d’incidence de cas d’infection post-vaccinale au SARS-CoV-2 était de 5 pour 1000 personnes-mois (ou 22 917 personnes), mais ce taux était plus élevé après que le variant Delta soit devenu la souche dominante (taux d’incidence avant vs. après le 20 juin 2021 était de 2,2 vs. 7,3 pour 1000 personnes-mois). En comparaison avec la vaccination partielle, la vaccination complète a été associée à un risque réduit de 28 % de présenter une infection post-vaccinale. En comparaison avec les personnes sans problème immunitaire, les personnes avec un dysfonctionnement du système immunitaire avaient un plus haut taux d’infection post-vaccinale après une vaccination complète ou partielle – et la différence était plus visible après que le variant Delta soit devenu dominant. Par exemple, dans le cas d’une vaccination complète, le taux d’incidence était de 7,1 pour 1000 personnes-mois pour les personnes sans dysfonctionnement du système immunitaire et de 9,1 pour les PVVIH. Lorsque les individus étaient partiellement vaccinés, ce chiffre grimpait à 9 pour ceux ne présentant pas de dysfonctionnement du système immunitaire et à 12 pour les PVVIH, ce qui illustre les bénéfices apportés par une vaccination complète. Cette étude de cohorte a montré que la vaccination complète était donc associée à un risque réduit de contracter une infection post-vaccinale au SARS-CoV-2, et ce, peu importe le statut immunitaire des patients. Mais malgré une vaccination complète, les personnes avec un déficit immunitaire avaient un risque plus élevé de présenter une infection post-vaccinale au SARS-CoV-2 que les personnes ne présentant pas une telle condition. Par ailleurs, les formes sévères de la maladie ont été constatées chez 6.6 % des personnes immunocompromises non vaccinées et ont été réduites à 3,3 % chez ces mêmes personnes complètement vaccinées.
Pour consulter l’article d’origine, cliquer sur ce lien.
© PNMVH 2026
Programme national de mentorat sur le VIH et les hépatites