Le programme de développement clinique de phase 3 pour la combinaison antirétrovirale B/F/TAF, à savoir comprenant le bictégravir (inhibiteur de l’intégrase, INI), l’emtricitabine (inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse, INTI) et le ténofovir alafénamide (inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse, INTI), incluait cinq études : NCT02607930, NCT02607956, NCT03547908, NCT02603120 et NCT03110380. Celles-ci étaient conduites en double aveugle, contrôlées par placebo, menées chez des personnes vivant avec le VIH-1 (PVVIH), naïves au traitement ou virologiquement supprimées. Ces participants ont ensuite été randomisés pour recevoir soit un régime à base de B/F/TAF, soit une combinaison associant le dolutégravir à deux INTI (DTG + 2 INTI), à savoir : le DTG + ABC/3TC (dolutégravir/abacavir/lamivudine), le DTG + F/TAF (dolutégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide) ou le DTG + F/TDF (dolutégravir/emtricitabine/fumarate de ténofovir disoproxyl). Ces cinq études avaient démontré que l’efficacité du B/F/TAF était non-inférieure à celle du dolutégravir (DTG) associé à deux INTI (voir les études pour le DTG/ABC/3TC, DTG/F/TAF et DTG/F/TDF).
Cette fois-ci, les auteurs (Andreatta, K., & al., Journal of Antimicrobial Chemotherapy, 2024) ont rétrospectivement évalué l’observance thérapeutique et son effet sur les résultats virologiques. L’observance thérapeutique a été calculée par le comptage des comprimés retournés ; le résultat virologique ayant été évalué par le dernier test d’ARN VIH-1 mesuré sous traitement. Les concentrations plasmatiques d’ARN VIH-1 ont été mesurées au jour 1 (valeur de référence), puis aux semaines 4, 8 et 12, puis toutes les 12 semaines par la suite. L’ARN VIH-1 et l’observance thérapeutique ont été évalués durant la phase en aveugle aux temps suivants : à S48 pour les cinq études ; à S96 pour les études GS-US-380-1489, GS-US-380-1490 et GS-US-380-4458, et à S144 pour les études GS-US-380-1489 et GS-US-380-1490.
B/F/TAF : 96 % des participants avec une observance faible atteignent la SV
Au total, ce sont 2622 participants (n = 1306 pour le groupe B/F/TAF et n = 1316 pour le groupe DTG + 2 INTI) qui ont été classés selon leur niveau d’observance : élevée (≥ 95 %), intermédiaire (≥ 85 % à < 95 %) ou faible (< 85 %). Au moment du dépistage, 1500 participants sur 2622 (soit 57 %) étaient naïfs au traitement (n = 742 pour le groupe B/F/TAF et n = 758 pour le groupe DTG + 2 INTI) et 1122 sur 2622 (soit 43 %) présentaient une suppression virologique (n = 564 pour le groupe B/F/TAF et n = 558 pour le groupe DTG + 2 INTI).
Au cours des 48 semaines de traitement :
- 2058 (78 %) participants présentaient une observance élevée (≥95 %),
- 449 (17 %) participants présentaient une observance intermédiaire (≥85 % à <95 %),
- 115 (4 %) participants présentaient une observance faible (<85 %) – soit 46 participants du groupe B/F/TAF et 69 participants du groupe DTG + 2 INTI,
avec une distribution similaire entre les groupes de traitement B/F/TAF et DTG + 2 INTI.
Globalement, 1287 (98,5 %) des participants du groupe B/F/TAF et 1292 (98,2 %) du groupe DTG + 2 INTI ont atteint la suppression virologique (SV, avec un ARN VIH-1 < 50 copies/mL) jusqu’à S48. Jusqu’à S48, la suppression virologique était élevée dans toutes les catégories d’observance pour le groupe B/F/TAF :
- 44/46 (96 %) des participants avec une faible observance,
- 210/214 (98 %) des participants avec une observance intermédiaire,
- 1033/1046 (99 %) des participants avec une observance élevée.
En revanche, dans le groupe DTG + 2 INTI, la suppression virologique jusqu’à S48 était significativement plus faible chez les participants avec une faible observance (90 %) par rapport à ceux avec une observance intermédiaire (98 %) ou élevée (99 %). Des résultats similaires ont été observés à S96 et S144. Deux participants (avec une adhérence < 95 %) du groupe DTG + 2 INTI, recevant du DTG + ABC/3TC, ont développé la mutation M184V ; aucune résistance émergente sous traitement n’a été observée dans le groupe B/F/TAF.
En conclusion, les participants avec une adhérence sous-optimale (à savoir inf. à 85 %) au B/F/TAF ont maintenu des niveaux élevés de SV, tandis qu’une adhérence sous-optimale au DTG + 2 INTI était associée à une SV plus faible.
Pour accéder à l’article d’origine, cliquez sur ce lien.
XLG
