L’efficacité et la sécurité du régime comprenant du bictégravir, de l’emtricitabine et du ténofovir alafénamide (B/F/TAF) ont été démontrées dans des essais cliniques chez des patients naïfs au traitement. Cependant, les données du monde réel concernant ce schéma thérapeutique chez des patients vivant avec le VIH-1 (PVVIH) se présentant pour un diagnostic tardif font défaut. Les chercheurs ont évalué ici (Yang, X., & al., Open Forum Infectious Diseases, 2024) les résultats virologiques et les paramètres de sécurité du B/F/TAF chez des PVVIH rendus à un stade avancé dans le cours de l’infection par le VIH-1.
Cette étude de cohorte rétrospective monocentrique a été menée au Centre Clinique de Santé Publique de Guiyang (Guiyang Public Health Clinical Center, Chine). Les auteurs ont analysé ici les patients se présentant tardivement avec une infection au VIH-1 et ayant initié un traitement antirétroviral par B/F/TAF entre juin 2021 et juin 2023. L’efficacité du traitement, définie comme un ARN VIH-1 < 50 copies/mL, a été mesurée. Les changements au niveau des paramètres immunologiques, métaboliques, hépatiques et rénaux ont été évalués après 48 semaines de traitement (S48). Les PVVIH rendus à un stade avancé ont été définis comme des PVVIH survivants avec un taux de CD4 < 200 cellules/μL ou encore des patients survivants remplissant les critères de conditions définissant le sida avec un taux de CD4 compris entre 200 et 499 cellules/μL. Le critère principal était le taux de suppression virologique, déterminé par la proportion de patients ayant une concentration d’ARN VIH-1 < 50 copies/mL après 48 semaines d’utilisation du B/F/TAF.
Résultats : le B/F/TAF entraîne une suppression virologique robuste
Un total de 130 participants ont été inclus dans l’étude. Les patients étaient majoritairement des hommes (76,1 %) avec un âge moyen de 45,5 ans. Au départ de l’étud, la charge moyenne en ARN VIH-1 log10 était de 5,0 copies/mL, incluant 26,2 % (34/130) des cas présentant une charge virale du VIH-1 ≥ 500 000 copies/mL. Le compte moyen de cellules CD4 était de 75,5 cellules/μL.
Selon les résultats, à S48 :
- la proportion de participants ayant des niveaux d’ARN VIH-1 < 50 copies/mL et < 200 copies/mL était respectivement de 93,8 % (122/130) et 99,2 % (129/130) dans le groupe B/F/TAF ;
- les taux de suppression virologique à S48 pour un nombre de CD4 de base < 200 cellules/μL et ≥ 200 cellules/μL, étaient de 93,5 % et 100 %, respectivement ;
- les taux de suppression virologique à S48 pour les patients avec une charge virale de base ≥ 500 000 copies/mL et < 500 000 copies/mL étaient de 91,2 % et 94,8 %, respectivement ;
- les taux de suppression virologique à S48 pour ceux ayant initié le traitement antirétroviral ≤ 7 jours et ≥ 7 jours après la ligne de base étaient de 94,4 % et 93,6 %, respectivement.
En termes de changements immunologiques dans le groupe B/F/TAF, le nombre de cellules CD4+ a augmenté de 133 cellules/μL, et le rapport CD4/CD8 a augmenté de 0,17. Concernant la fonction hépatique, après 48 semaines de traitement, les niveaux d’alanine aminotransférase (ALT), d’aspartate aminotransférase (AST), de bilirubine totale (BT) et de lactate déshydrogénase (LDH) ont diminué par rapport aux niveaux de départ. Seize participants (12,3 %) ont présenté des effets indésirables, et six (4,6 %) ont présenté des effets indésirables liés au traitement. Aucun des participants n’a interrompu le traitement en raison d’un manque d’efficacité ou d’effets indésirables.
En conclusion, selon les auteurs, le B/F/TAF a entraîné une suppression virologique robuste et démontré une bonne tolérabilité chez les patients se présentant tardivement dans le cours de l’infection par le VIH.
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XLG
