L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié le rapport suivant : Surveillance des maladies infectieuses chez les personnes qui utilisent des drogues par injection – épidémiologie du VIH de 1995 à 2024 – épidémiologie du VHC de 2003 à 2024.
Les personnes qui utilisent des drogues par injection (PUDI, ou personnes UDI) sont parmi les groupes plus fortement touchés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et par le virus de l’hépatite C (VHC). Chez les personnes UDI, le partage de matériel d’injection est le principal facteur de risque d’infection par le VIH et par le VHC.
Ce nouveau rapport de surveillance de l’INSPQ porte sur les résultats d’une enquête intégrée biologique et comportementale menée en continu depuis 1995 chez les personnes UDI au Québec. Actif depuis 30 ans, le réseau SurvUDI a permis de suivre de manière continue l’évolution de l’épidémiologie des infections par le VIH et par le VHC chez les personnes UDI dans plusieurs régions du Québec, ainsi que le suivi des facteurs de risque de ces infections. Ce dernier rapport se concentre principalement sur la période 2020 à 2024 et met en lumière des tendances préoccupantes. Celui-ci fournit un portrait à jour, dans un contexte de transformations importantes des comportements, des inégalités sociales de santé et des contextes de consommation.
Voici quelques faits saillants issus du rapport :
- L’instabilité résidentielle a fortement augmenté, atteignant 63,2 % des personnes participantes en 2023-2024, un facteur associé à un risque accru d’infection par le VIH et le VHC.
- La consommation par injection de médicaments opioïdes (particulièrement de fentanyl à Montréal), de crack et de méthamphétamine est en hausse.
- Le taux d’incidence du VIH montre des signes de recrudescence depuis 2015. En 2022, l’incidence observée était de 1,3 pour 100 personnes-années (PA), ce qui constitue un signal préoccupant.
- À l’inverse, le VHC affiche une tendance encourageante, et son taux d’incidence a diminué de façon statistiquement significative, particulièrement depuis 2015.
- Une forte augmentation des surdoses non fatales a été observée, de 12,6 % à 32,4 % entre 2017-2019 et 2023-2024, ce qui est particulièrement préoccupant puisque les pratiques sécuritaires d’injection (comme l’injection dans un service d’injection supervisée (SIS) ou en présence d’une personne capable d’intervenir en cas de surdose) et la possession de naloxone restent sous-optimales.
Pour en savoir plus, consulter le rapport de l’INSPQ.
