La Table des Organismes Montréalais de Lutte contre le VIH/Sida (TOMS) a mis en ligne sur son site Web un résumé et une analyse du « Portrait épidémiologique des infections transmissibles sexuellement et par le sang, région de Montréal, 2013-2022» (Direction régionale de santé publique de Montréal, DRSP). Il faut savoir que ce document présentait un portrait sommaire de la situation épidémiologique de l’infection à Chlamydia trachomatis, la lymphogranulomatose vénérienne (LGV), l’infection gonococcique, la syphilis, l’hépatite B, l’hépatite C et l’infection par le VIH, et ce, pour la période 2013-2022, incluant les données sur l’infection par le VIH pour 2022 (voir le rapport). Dans son analyse, la TOMS met en avant que le nombre de nouveaux diagnostics à Montréal en 2022 chez les personnes nées au Canada a été de 152, à savoir 17 cas de plus que la moyenne ajustée (135), ce qui correspond à une hausse d’environ 13 %. L’analyse se questionne justement sur cette augmentation, dans un contexte où les moyens de prévention sont plus diversifiés et accessibles et qu’il est désormais connu qu’une personne indétectable suivant une thérapie antirétrovirale ne transmet pas le VIH (indétectable = intransmissible). Autre point : le taux de diagnostics tardifs chez les hommes de la diversité sexuelle pour la région de Montréal pour l’année 2022 a été de 47 %. Il s’agit des pires années pour le retard des diagnostics depuis dix ans, selon la TOMS. Pour expliquer ce pourcentage, l’analyse pointe une diminution potentielle des dépistages réguliers dans cette population. Par ailleurs, 158 nouveaux diagnostics ont été relevés chez les personnes dites « OPE » (originaires de pays endémiques) – parmi ces personnes provenant de l’extérieur, 145 sont arrivées en 2022. Cette hausse du nombre de PVVIH nouvellement arrivées a de fait entraîné la nécessité pour les organismes qui travaillent auprès de ces populations d’augmenter leurs effectifs pour répondre à cette demande. En ce qui concerne les données touchant les nouveaux cas d’hépatite C – le nombre de cas déclarés d’hépatite C est resté stable depuis 2019-2020, le Centre Associatif Polyvalent d’Aide Hépatite C (CAPAHC) suggère de prendre les données du rapport avec prudence, du fait que les taux d’infection pour 2023 et 2024 pourraient montrer une tendance vers la hausse.
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