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20 mars 2023
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Le texte suivant a été écrit dans le but d’accompagner le webinaire intitulé « Améliorer l’accès à la prophylaxie pré-exposition au VIH (PREP) au Québec », qui a été offert le 14 mars dernier, dans le cadre d’un partenariat entre le PNMVH et Clinical Care Options, LCC (CCO). La rédaction de ce texte d’opinion a été rendue possible grâce à une subvention sans restriction à l’éducation de ViiV Healthcare.
Auteure du texte :
Cécile Tremblay
Microbiologiste-infectiologue
Clinique d’infectiologie virale chronique (CIVC)
Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)
Professeure titulaire, Département de microbiologie et d’infectiologie, Université de Montréal
L’accès limité à la PPrE est certainement le premier obstacle à son utilisation chez les personnes à risque d’infection au VIH au Québec.
La prophylaxie pré-exposition au VIH (PPrE) constitue un outil très efficace pour prévenir la transmission du VIH comme l’indiquent diverses études aléatoires ainsi que des données issues du monde réel. En combinaison avec d’autres mesures de prévention telles que le traitement des personnes atteintes du VIH (thérapie antirétrovirale), la PPrE a le potentiel de mettre fin à la pandémie du VIH. Malheureusement, les barrières à l’accès figurent parmi les principaux facteurs de sous-utilisation de la prophylaxie pré-exposition au VIH pour ceux qui en ont le plus besoin. Ces obstacles peuvent être de nature économique ou sociale ou être liés à un manque de connaissances et d’informations chez les individus concernés et chez les professionnels de la santé. En effet, certains professionnels de la santé et individus à risque de contracter le VIH ne connaissent pas la PPrE, ses bénéfices et les différentes formulations actuellement disponibles. Par ailleurs, bien qu’informés sur ce traitement préventif, les cliniciens peuvent parfois se sentir inconfortables à le prescrire ne se sentant pas suffisamment formés ou expérimentés par rapport à celui-ci.
Qui plus est, un accès rapide et constant à la PPrE peut s’avérer particulièrement difficile pour les personnes vivant en situation de précarité, ayant des troubles de santé mentale ou d’abus de substances. En effet, l’accès même aux services de santé peut constituer un défi pour ces individus, rendant impossible le suivi fréquent dont ils ont besoin. De plus, bien que la PPrE soit couverte en partie ou en totalité par la Régie de l’assurance maladie du Québec et la majorité des assureurs privés, le montant résiduel à débourser dans certains cas est souvent un obstacle à surmonter pour commencer ou continuer à utiliser la PPrE. Or, il nous est possible d’agir pour éliminer ces obstacles.
Il existe maintenant plusieurs options de PPrE adaptées au style de vie de chacun. Ainsi, en plus des médicaments oraux disponibles, pris quotidiennement ou au besoin, un médicament injectable donné aux deux mois pourrait bientôt être accessible au Québec. Cette nouvelle formule pourrait davantage convenir à certains utilisateurs.
Des efforts doivent également être fournis afin de former les professionnels de la santé de première ligne de façon à ce qu’ils puissent se sentir à l’aise de prescrire le PPrE. De cette façon, ceux-ci pourront identifier les individus à risque et adopter une attitude proactive dans la prescription d’un traitement préventif. Les communautés à risque de contracter le VIH doivent également être bien informées des derniers développements dans ce domaine qui évolue rapidement. Considérant l’existence d’un traitement préventif efficace contre l’infection au VIH, trop de nouvelles infections continuent encore de survenir. De plus, avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19, l’attention s’est détournée de la prévention du VIH qui est tombée dans l’oubli. Il est maintenant temps de redoubler d’efforts pour rendre la PPrE disponible à tous ceux qui en ont besoin.
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