Inscription

Pas d’association entre le trouble lié à l’usage d’alcool (TUA) et la suppression virale

La consommation d’alcool a déjà été reliée à des résultats virologiques/immunologiques du VIH plus sévères, et pourtant peu d’études ont exploré les effets du trouble lié à l’usage d’alcool (TUA). Cette présente étude (Bertholet, N., & al., Alcohol Clinical & Experimental Research, 2023) visait à évaluer si le niveau de sévérité du TUA pouvait être associée ou non à la suppression virale du VIH et au (niveau du) compte de CD4, et ce, dans trois cohortes d’étude. Des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en Ouganda (n = 301), en Russie (n = 400) et à Boston (n = 251), sélectionnées sur la base de leur consommation d’alcool, ont été incluses dans les analyses. Des régressions linéaires et logistiques ont été utilisées pour évaluer les associations transversales entre le niveau de sévérité du TUA (évalué selon les critères ou symptômes du DSM-5, soit la 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et (1) la suppression virale du VIH, et (2) le compte de CD4 (exprimé en cell./mm3). Le DSM-5 comportait 11 critères et le niveau de sévérité du TUA a été mesuré en fonction du nombre de critères répertoriés.

Selon les résultats, tous les participants en Ouganda suivaient une TAR, alors que 27,3 % des participants en Russie et 5 % de ceux de Boston ne suivaient pas la TAR. En Ouganda, 32 % ont rencontré les critères du TUA (1,6 critères en moyenne), en comparaison avec 92 % pour ceux de Russie (5,6 critères) et 43 % pour ceux de Boston (2,4 critères). La plupart des participants avaient atteint la suppression virale du VIH (92 % pour l’Ouganda, 57 % pour la Russie et 87 % pour Boston). Le compte de CD4 moyen était de 673, 351 et 591 respectivement. Dans les modèles ajustés, il n’y a pas eu d’association entre le niveau de sévérité du TUA (nombre de critères du TUA) et la suppression virale : le rapport de cotes (ou odds ratio, OR) pour un critère de TUA additionnel était en Ouganda de 1,08, en Russie de 0,98 et à Boston de 0,95. De la même façon, il n’y a pas eu d’association entre la sévérité du TUA et le compte de CD4 : la différence moyenne (beta) pour un critère additionnel était de 5,78, -3,23 et -8,18 respectivement. En conclusion, dans les trois cohortes de PVVIH, le niveau de sévérité du TUA n’a pas été associé à la suppression virale du VIH ou au compte de CD4 – il n’y a pas eu de relation et les résultats étaient cohérents et réguliers sur les trois continents. Ainsi, les PVVIH présentant un TUA et suivant une thérapie antirétrovirale, peuvent atteindre la suppression virale, selon les conclusions de cette étude.

Cliquez sur ce lien pour consulter l’article d’origine.