Inscription

Ottawa : une étude canadienne établit un lien entre l’adoption de la PrEP et la baisse des nouveaux cas de VIH

Une étude canadienne (Kroch, A., & al., RMTC, 2023) menée à Ottawa, a cherché à savoir s’il y avait un lien entre l’adoption de la prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP ou PPrE) et l’épidémiologie du VIH (baisse des nouveaux cas de VIH) dans cette ville. L’analyse a été effectuée entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2021, période correspondant à la publication des lignes directrices canadiennes sur la PrEP. En parallèle, il faut savoir qu’en 2018, a été mis en place à Ottawa, à la suite de l’implantation d’autres cliniques antérieurement à cette date, la « PPrE-IA », une clinique de PrEP dirigée par des infirmières. Dans le cadre de la « PPrE-IA », les infirmières offraient automatiquement la PrEP à tout patient ayant reçu un diagnostic de syphilis infectieuse, de gonorrhée rectale ou de chlamydia, ou qui, selon l’évaluation clinique, était à risque d’infection au VIH. Il faut savoir qu’entre 2018-2021, 95 % et 97 % des personnes qui ont accepté de prendre la PrEP dans cette clinique étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) et des hommes (toutes catégories confondues) respectivement.

Diminution importante pour les HARSAH

Selon les données recueillies par l’étude, le nombre de personnes utilisant la PrEP a augmenté à Ottawa durant la période 2017-2021, passant de 259 utilisateurs en 2017 à près de 1000 en 2021. Par ailleurs, les ratios de PrEP-au-besoin, qui correspondent à l’utilisation de la PrEP par rapport aux premiers diagnostics du VIH ont augmenté à Ottawa, entre 2017 et 2021 et sont passés de 5,1 en 2017 à 35,7 en 2021 – ce qui veut dire qu’il y a eu augmentation de l’utilisation de la PrEP à mesure que les diagnostics du VIH diminuaient. En effet, 154 personnes ont reçu un diagnostic du VIH positif durant cette période, à savoir : 41 en 2017, 34 en 2018, 26 en 2019, 27 en 2020 et 26 en 2021. Les résultats montrent une baisse de 37 % du nombre total de nouveaux diagnostics en 2021 par rapport à 2017. La diminution des premiers diagnostics a surtout été importante pour les HARSAH : 19 personnes ont reçu un nouveau diagnostic en 2017, 16 en 2018, 6 en 2019, 5 en 2020 et 8 en 2021. Les résultats observés dans la population HARSAH montrent une baisse de 57 % en 2021 par rapport aux données de 2017. Les résultats généraux indiquent qu’il n’y a pas eu de changements significatifs pour les autres groupes (femmes, hétérosexuels, utilisateurs de drogues par injection). Les changements dans les taux de positivité des tests de dépistage du VIH à Ottawa (en divisant le nombre de premiers diagnostics par le nombre de tests par année) indiquent quant à eux que la diminution observée durant les années de pandémie de COVID-19 n’est pas attribuable à une diminution du nombre de tests de dépistage effectués et qu’il y a réellement eu baisse de la transmission du VIH pour ces années justement, pour les groupes concernés (hommes et HARSAH). En conclusion, selon les auteurs de l’étude, le fait que la clinique ait ciblé spécifiquement les hommes et les HARSAH pour l’utilisation de la PrEP et que le nombre de nouveaux diagnostics du VIH ait diminué dans ce groupe de population a permis aux chercheurs de déduire qu’il y a eu un lien entre l’adoption de la PrEP et la diminution de l’incidence du VIH à Ottawa pour la période 2017-2021.

Pour consulter l’article d’origine, cliquer sur ce lien.