Inscription

IAS 2023 : la pitavastatine pour prévenir les maladies cardiovasculaires chez les PVVIH

Les résultats de l’étude « REPRIEVE » portant sur l’efficacité de la pitavastatine à prévenir les maladies cardiovasculaires (MCV) chez les PVVIH ont été présentés lors de la 12ème Conférence internationale scientifique sur le VIH (IAS 2023) et publiés dans le journal The New England Journal of Medicine (Grinspoon, S. K., & al., 2023). Les risques de MCV sont plus élevés parmi les PVVIH – jusqu’à deux fois plus que dans la population générale pour les maladies cardiovasculaires arthéroscléreuses (MCVA), incluant l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral (ACV), ce qui laisse penser que plus de données portant sur les stratégies de prévention de base (primaire) au sein de cette population sont nécessaires. On sait déjà que la thérapie par statines réussit à abaisser les taux de cholestérol de lipoprotéines à faible densité (cholestérol-LDL), principal moteur des MCVA, et procure de même des effets bénéfiques au niveau des voies inflammatoires (propriétés anti-inflammatoires) et des réactions immunitaires.

Un risque moins élevé

Dans cet essai de phase 3 – appelé « Randomized Trial to Prevent Vascular Events in HIV » (REPRIEVE), les auteurs ont assigné de manière aléatoire 7769 participants présentant une infection au VIH avec un risque de MCV considéré de faible à modéré qui suivait une thérapie antirétrovirale, à recevoir de façon quotidienne des comprimés de pitavastatine calcique (à des doses de 4 mg) ou bien des comprimés de placebo. Le premier résultat recherché (critère de jugement principal) a été l’apparition et l’incidence d’un événement cardiovasculaire majeur, qui a été défini ici comme un décès dû à une MCV, un infarctus du myocarde, une hospitalisation pour une angine instable (syndrome coronarien aigu), un AVC, un accident ischémique transitoire (AIT), une maladie artérielle périphérique (MAP), une revascularisation ou un décès survenu pour cause indéterminée. L’âge moyen des participants était de 50 ans, le compte de CD4 moyen était de 621 cellules par millimètre cube et la charge virale d’ARN-VIH était en-dessous du seuil minimal de quantification (20 copies par millilitre) pour 5250 des 5997 participants (87,5 %). L’essai clinique a été arrêté plus tôt du fait de son efficacité après un suivi effectué sur une moyenne de 5,1 années. L’incidence d’un événement cardiovasculaire majeur a été de 4,81 pour 1000 personnes-années (PA) dans le groupe recevant la pitavastatine et de 7,32 dans le groupe sur placebo (avec rapport de risque RR = 0,65). Des symptômes au niveau musculaire ou douleurs musculaires (myalgie, myopathie…) se sont produits chez 91 participants (2,3 %) dans le groupe pitavastatine et chez 53 participants (1,4 %) dans le groupe avec placebo, alors que le diabète sucré a été observé chez 206 participants (5,3 %) et chez 155 participants (4 %) respectivement. En conclusion, les PVVIH de l’étude qui ont reçu la pitavastatine avaient un risque moins élevé de présenter un événement cardiovasculaire majeur que ceux qui recevaient un placebo sur une période de temps de 5,1 an.

Pour consulter l’article d’origine, cliquer sur ce lien.