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Population immigrante au Canada : une étude souligne l’importance d’un engagement précoce dans les soins afin d’éviter de futures complications

Plusieurs études ont démontré que les immigrants étaient plus sujets à développer une cirrhose, être hospitalisés pour une maladie du foie et développer un hépatocarcinome que les personnes nées au Canada, et ce, à cause des délais occasionnés pour se faire diagnostiquer pour le VHC après leur arrivée au Canada, et des multiples obstacles qui se dressent devant eux pour qu’ils puissent accéder au système de santé. Dans cette étude menée par Petrosyan, Y., & al. (Canadian Liver Journal, 2023), les auteurs ont cherché à comparer les taux et les facteurs associés à l’adoption du traitement par antiviraux à action directe (AAD) et la réponse virologique soutenue (RVS) entre deux groupes : un groupe de patients nés au Canada et un groupe de patients nés à l’étranger. L’étude en question a été conduite entre janvier 2015 et octobre 2021, en utilisant une cohorte rétrospective constituée de patients d’Ottawa présentant une infection au virus de l’hépatite C (VHC).

Taux de RVS 12 similaires dans les deux groupes

Selon les résultats, sur les 1459 patients, 264 (soit 18,1 %) étaient nés hors du pays. Le temps écoulé en moyenne entre l’arrivée au Canada et la première évaluation clinique a été de 17 ans. Sur cette même base, 1002 patients (68,7 %) ont reçu un traitement par AAD. La proportion des patients ayant commencé une thérapie à base d’AAD a été similaire dans les deux groupes (65,2 % vs. 69,5 %), et le type de régime prescrit n’a pas différé selon le statut d’immigration. Les résultats d’analyse indiquent que les caractéristiques associées à une plus forte probabilité d’initier une thérapie par AAD incluaient l’âge lors de la première évaluation, être d’origine asiatique ou autochtone, présenter une cirrhose, avoir un historique de diabète et souffrir d’une maladie mentale. Le taux de RVS brut était plus élevé chez les immigrants que chez les patients nés au Canada (91,5 % vs. 83,7 %), cependant, le taux de RVS 12 semaines après l’achèvement du traitement a été similaire dans les deux groupes (99,3 % vs. 97,5 %). Au sein de la population immigrante, l’analyse a montré de façon significative que l’âge avancé lors de la première évaluation a été associé à une probabilité d’atteindre une RVS brute. En conclusion, les chercheurs ont trouvé finalement que le suivi de la thérapie à base d’AAD et les taux de guérison du VHC étaient élevés dans les deux groupes suggérant une égalité des chances pour les patients issus des deux groupes. L’âge plus avancé lors de la présentation à la clinique suggère que des opportunités ont été manquées pour dépister et engager les immigrants dans les soins pour traiter le VHC. Selon les auteurs, ces résultats montrent qu’il est important, pour la population immigrante, d’effectuer un dépistage précoce à large échelle et de l’engager dans les soins associés au VHC, afin de prévenir de futures complications.

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