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CROI 2023 : la variole simienne peut être grave chez les PVVIH avec un compte de CD4 bas

La variole simienne (VS ou orthopoxvirose simienne, MPOX en anglais) peut être plus sévère chez les PVVIH qui présentent un compte de CD4 bas – à tel point que des experts demandent à ce qu’elle soit classée en tant qu’infection opportuniste liée au VIH. Les résultats proviennent en fait d’une série de cas à travers le monde qui ont été présentés lors de la 30e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2023) et publiés par Mitjà, O., & al. (The Lancet, 2023). Des cliniciens issus de 19 pays ont fourni les données (collectées entre le 11 mai 2022 et le 18 janvier 2023) relatives à des cas confirmés de VS provenant de personnes présentant une infection au VIH – 382 cas inclus dans cette étude, à savoir des adultes de plus de 18 ans vivant avec le VIH et avec un compte de CD4 inférieur à 350 cellules par mm3 (cell/mm3).

Selon les résultats de l’étude, le compte de CD4 moyen était de 211 cell./mm3, avec 85 individus (soit 22 %) présentant un compte de CD4 inf. à 100 cell./mm3 et 94 individus (25 %) un compte de CD4 de 100-200 cellules par mm3. En tout, 193 (51 %) des 382 individus avaient une charge virale indétectable. Des complications graves ont été plus couramment constatées chez les personnes avec un compte de CD4 inf. à 100 cell./mm3 que chez les personnes qui présentaient un compte de CD4 sup. à 300 cell./mm3, incluant les infections nécrosantes de la peau (54 % vs. 7 %), des atteintes pulmonaires avec parfois des nodules (29 % vs. 0 %) et des infections secondaires et une sepsie (44 % vs. 9 %). En tout, 107 (28 %) des 382 individus ont été hospitalisés, parmi lesquels 27 (25 %) sont décédés. Tous les décès se sont produits chez les personnes ayant un compte de CD4 de 35 cell./mm3 en moyenne. Parmi les personnes avec un compte de CD4 inf. à 200 cell./mm3, plus de décès se sont produits chez celles avec une charge virale VIH élevée. Le taux de mortalité était de 15 % et 27 % pour des taux de CD4 inf. à 200/mm3 et inf. à 100/mm3 respectivement, et de 7 % et 29,7 % pour des CV < 50 cp/mL et > 4 log10 cp/mL, respectivement – voir graphique ci-dessous. Un syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS) comme cause de détérioration clinique a été suspecté chez 21 patients (soit 25 %) des 85 qui avaient initié ou ré-initié une TAR pendant l’infection à la VS, parmi lesquels 12 (soit 57 % des 21) sont décédés.

En conclusion, ces résultats viennent démontrer que le virus de la VS se comporte comme un pathogène opportuniste dans le contexte d’une immunosuppression avancée, à savoir dans la population des patients VIH+ immunodéprimés (à moins de 200 CD4), avec des complications sévères (forte prévalence de manifestations systémiques et dermatologiques fulminantes) et un risque élevé de décès.

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