Date de publication

19 mai 2022

Auteur(s)

PNMVH

Description

La consommation d’opioïdes est en hausse en Amérique du Nord, a des impacts négatifs sur la santé et est à l’origine d’éclosions du VIH et du VHC chez les personnes qui s’injectent des substances psychoactives (PISP). Cependant, la prophylaxie préexposition au VIH (PPrE ou PrEP) et les différents traitements qui existent pour guérir du VHC sont des outils de taille qui peuvent répondre à ces épidémies concomitantes. Ainsi, des approches multimodales innovantes regroupant tous ces outils doivent être encouragées auprès des PISP, d’autant plus que, selon certaines études, l’utilisation de la PrEP reste encore faible dans cette population. Dans ce contexte, une étude menée par Martel-Laferrière, V., & al. (2022, BMC Trials – voir aussi ClinicalTrials.gov) a été mise en place pour évaluer l’efficacité de deux stratégies d’offres de prévention du VIH et de traitement du VHC auprès des PISP. L’étude vise à comparer deux modèles : un modèle de soins intégrés sur place où la PrEP et le traitement du VHC pour les PISP sont délivrés au sein de programmes de distribution de matériel d’injection neuf et de programmes de traitements par agoniste opioïde (TAO), et ce, en comparaison avec un modèle traditionnel où les PISP sont orientés vers des services cliniques externes par le biais d’un service de navigation au service du patient. Ce projet de recherche vise de même à démontrer comment les facteurs structurels et organisationnels interagissent avec l’adoption et l’adhésion à la PrEP et au traitement du VHC.

La « Miami-Montreal Hepatitis C and Pre-Exposure Prophylaxis » (M2HepPrEP ou M2) est le nom de l’étude en question – vous pouvez télécharger la brochure en cliquant sur le lien situé à la fin du texte. Un total de 500 personnes qui se sont injectées des drogues au cours des six derniers mois et qui sont éligibles pour la PrEP sont actuellement recrutées au sein de cliniques TAO et de programmes de distribution de matériel d’injection neuf à Miami (États-Unis, Floride) et Montréal (Canada, Québec). Les participants seront par la suite randomisés pour recevoir des soins soit directement sur place (sur les lieux du recrutement), incluant des conseils sur l’adhésion, soit à l’extérieur des sites qu’ils fréquentent, dans des cliniques spécialisées hors site où ils sont dirigés via un navigateur au service du patient. La PrEP sera proposée à tous les participants et le traitement contre le VHC aux personnes infectées par le VHC. Les deux principaux paramètres évalués seront : (1) l’adhésion à la PrEP, six mois après la randomisation et (2) la réponse virologique soutenue (RVS) 12 semaines après la fin du traitement parmi les participants randomisés dans la strate VHC. Jusqu’à 100 participants seront invités à participer à un entretien semi-structuré concernant les perceptions qu’ils ont à l’égard des obstacles et des facilitateurs de l’adhésion, après leur évaluation à six mois. Une analyse coût-efficacité (ACE) basée sur un modèle de simulation sera réalisée pour déterminer la valeur comparative des stratégies évaluées. Les résultats de cette étude auront le potentiel de démontrer l’efficacité et le rapport coût-efficacité d’offrir la PrEP et le traitement contre le VHC dans des lieux qui sont justement fréquentés par les PISP – on pourra ainsi déterminer laquelle de ces deux stratégies est la mieux adaptée pour délivrer les soins auprès des PISP. L’Université Colombia, l’Université de Miami, l’Université de Montréal, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) sont parmi les initiateurs et collaborateurs du projet. La phase de recrutement est toujours en cours dans les deux villes. Cactus et Point de services Relais sont les sites où se déroule la phase de recrutement à Montréal.

Pour télécharger la brochure de l’étude : M2_Brochure_FR 2021-09-15