L’infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) attaque le foie et constitue une cause majeure de cirrhose hépatique et de carcinome hépatocellulaire (CHC), pouvant conduire à une transplantation hépatique. La co-infection par le VIH peut accélérer l’évolution de la maladie hépatique et influencer la réponse thérapeutique.
L’évaluation de la fibrose hépatique (cicatrisation du foie) repose sur des méthodes non invasives telles que l’élastographie transitoire (ET) – technique qui mesure la rigidité/l’élasticité du foie, l’indice AST/plaquettes (indice de rapport aspartate aminotransférase sur le nombre de plaquettes, ou APRI) – score non invasif simple utilisé pour évaluer la fibrose hépatique, et le score Fibrosis-4 (FIB-4) – indice sanguin non invasif qui estime la fibrose hépatique (risque) en utilisant l’âge, les transaminases hépatiques (ASAT, ALAT) et les plaquettes sanguines. Cette étude (Lima de Menezes, F., & al., Rev Inst Med Trop Sao Paulo, 2025) a comparé les variations d’ET, d’APRI et de FIB-4 chez des patients atteints de VHC seul et chez ceux co-infectés par le VIH/VHC, avant et après un traitement par antiviraux à action directe (AAD).
Les chercheurs ont mené une étude de cohorte rétrospective basée sur les dossiers médicaux de patients traités dans une clinique de référence à São Paulo, au Brésil, entre janvier 2015 et février 2019. Les évaluations de la fibrose (ET, APRI, FIB-4) ont été réalisées avant traitement puis six mois après (T+6). L’APRI et le FIB-4 ont également été analysés à 12 mois (T+12).
Résultats
Parmi les 148 participants de l’étude, 105 (70 %) présentaient une mono-infection par le VHC et 43 (30 %) une co-infection VIH/VHC. Voici les caractéristiques des deux groupes à la base :
- Dans le groupe présentant une infection par le VHC seul (groupe VHC), la majorité des participants étaient des femmes (62 %), avec un âge moyen de 61 ans, et seulement 7 % étaient classés F0 ou F1 selon l’ET pré-thérapeutique.
- Dans le groupe VIH/VHC, la majorité des participants étaient des hommes (79 %), avec un âge moyen de 53 ans, et 39 % présentaient un stade F0 ou F1 à l’ET pré-thérapeutique.
- Les personnes du groupe VIH/VHC présentaient une variation génotypique plus marquée que celles du groupe VHC, le génotype 1 étant le génotype le plus observé.
Les données relatives aux scores APRI et FIB-4 étaient disponibles pour 140 participants avant l’instauration du traitement, pour 118 participants à T+6, et pour 119 participants à T+12. Les données d’ET pré- et post-traitement étaient disponibles pour l’ensemble des participants, conformément aux critères d’inclusion de l’étude.
À T+6, les diminutions moyennes observées d’ET, d’APRI et de FIB-4 étaient respectivement de 2,7 kPa, 0,31 unité et 0,63 unité chez les participants du groupe VHC, et de 0,8 kPa, 0,2 unité et 0,18 unité chez les participants VIH/VHC. A été mis en évidence une corrélation positive statistiquement significative entre les valeurs d’ET avant traitement et la réduction des scores d’ET, suggérant une amélioration plus marquée de la fibrose hépatique chez les participants présentant des valeurs d’ET de base plus élevées. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée pour l’APRI ou le FIB-4 entre les mesures réalisées à T+6 et T+12.
Comparativement à l’infection par le VHC seule, la co-infection par le VIH n’était pas significativement associée au critère étudié, ni dans le modèle univarié ni dans le modèle ajusté pour l’âge, le sexe et l’élasticité hépatique pré-traitement. Des valeurs plus élevées d’ET pré-traitement étaient associées à une variation plus importante d’ET : pour chaque unité d’augmentation d’ET pré-traitement, le modèle prédisait que la réduction d’ET était en moyenne supérieure de 0,26 (IC95 % : 0,08 à 0,45), après ajustement sur les catégories d’âge, le sexe et le statut de co-infection.
En résumé
Bien que la réduction moyenne de la fibrose hépatique, évaluée par le score/la valeur d’ET, ait été plus élevée dans le groupe infecté par le VHC – en effet, à T+6, des diminutions plus importantes d’ET, d’APRI et de FIB-4 ont été observées dans le groupe VHC, la co-infection par le VIH n’a pas été significativement associée à la diminution des scores d’ET dans les modèles de régression – pas de différences entre les groupes. En revanche, un score d’ET pré-thérapeutique plus élevé était significativement associé à une réduction plus importante d’ET. Le traitement par AAD a entraîné une régression de la fibrose chez la majorité des participants. Ces résultats suggèrent l’absence d’impact majeur de la co-infection par le VIH sur la régression de la fibrose hépatique après le traitement du VHC. De plus, ils indiquent que les bénéfices du traitement du VHC en termes de réduction de la fibrose hépatique pourraient être plus importants chez les personnes présentant un degré de fibrose plus élevé avant le traitement.
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XLG
