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Articles scientifiques sous la loupe
18 février 2022
Le principal obstacle au traitement de l’hépatite C (VHC) est l’arrimage aux soins au moment du diagnostic, plus particulièrement pour les populations marginalisées – comme les personnes utilisant des drogues par injection (PUDI) et les personnes vivant des situations d’itinérance. La stratégie serait de réduire au maximum le temps entre le diagnostic et le traitement, afin d’augmenter les chances que les personnes testées positives puissent suivre le traitement jusqu’au bout et être guéries. Offrir des services de dépistage communautaire du VHC à bas seuil d’accessibilité (c’est-à-dire avec peu d’exigences et peu de contraintes pour les usagers pour accéder aux prestations) permet d’éviter que les patients naviguent dans le système des soins de santé. Au dernier Congrès sur le foie (Liver Meeting, novembre 2021), Morris, M. a présenté les détails et les derniers résultats d’un essai clinique à un seul bras qui a été réalisé au sein d’une communauté urbaine des États-Unis (San Francisco, Californie) afin d’évaluer l’acceptabilité, la faisabilité et l’efficacité de l’implantation d’une stratégie de traitement du VHC au lieu et au moment de la divulgation d’un diagnostic positif à un test de l’ARN du VHC (ARN-VHC). Le recrutement des participants s’est effectué via l’intervention de proximité dans la rue et ciblait spécifiquement des personnes qui vivaient des situations d’itinérance et des PUDI, afin qu’elles passent un test rapide des anticorps anti-VHC (Ac anti-VHC), suivi d’un test de l’ARN-VHC, si le premier test s’avérait positif. Au moment de la divulgation du résultat du test de l’ARN-VHC, il était offert aux participants deux semaines de traitement de sofosbuvir/velpatasvir (EpclusaMD) ou bien une prescription, s’ils étaient assurés.
D’après les résultats (préliminaires) de l’étude, entre juillet 2020 et septembre 2021, 414 personnes ont été dépistées. Parmi elles, 113 personnes ont présenté un test positif à la fois pour les Ac anti-VHC et l’ARN-VHC, alors que 289 personnes ont été testées négatives (avec Ac anti-VHC négatif ou avec Ac anti-VHC positif et ARN-VHC négatif) et 12 ont présenté un dépistage non complété. En date de l’étude, 47 personnes (sur 56 à qui on avait prescrit un traitement, soit 84 %) ont complété leur traitement d’une durée de 12 semaines. Parmi elles, 42 (sur 47) avaient un ARN-VHC indétectable (soit 89 %) au moment de l’achèvement du traitement. 31 personnes sont revenues pour effectuer une visite post-traitement à 4 semaines et parmi elles, 29 (94 %) avaient atteint la réponse virologique soutenue à 4 semaines (RVS4). 26 des 27 personnes qui sont revenues pour une visite 12 semaines après le traitement ont atteint la RVS12 – voir graphique ci-bas. Les résultats préliminaires de cet essai clinique portant sur des personnes marginalisées indiquent que l’initiation au traitement au moment même du diagnostic est acceptable, faisable et permet d’atteindre la RVS.
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