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Articles scientifiques sous la loupe
2 décembre 2023
La thérapie antirétrovirale (TAR) pour le VIH peut contrôler la réplication du virus et prolonger la vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Cependant, malgré l’administration d’une TAR et la réduction de la charge virale du VIH plasmatique à des niveaux indétectables, le virus reste dormant au sein des cellules immunitaires dans ce que l’on appelle les réservoirs du VIH, où le VIH persiste sous forme d’ADN intégré dans le génome des cellules réservoirs. Par ailleurs, il faut savoir que 2,3 millions de PVVIH sont également coinfectées par le VHC à travers le monde et sont de fait exposées au risque de développer une maladie hépatique chronique et un cancer. Cependant, le traitement par AAD peut guérir complètement l’infection du VHC chez plus de 95 % des personnes traitées et améliorer leurs résultats de santé à long terme. Il faut savoir que la coinfection VIH/VHC est quant à elle associée à une augmentation des niveaux d’ADN intégré (avec une taille de réservoirs viraux plus élevée chez les individus coinfectés) – et ce, en comparaison avec les individus monoinfectés au VIH, et qui s’accompagne d’une plus grande expression de transcrits d’ARN du VIH multiépissé (lesquels codent pour les protéines virales). Dans cette étude (Gobran, S. T., & al., Journal of Virology, 2023), les chercheurs ont examiné comment le traitement et la guérison du VHC pouvaient affecter les réservoirs du VIH – à savoir sur la taille et l’activité transcriptionnelle des réservoirs du VIH, et ont aussi étudié les facteurs qui étaient reliés au déclin des réservoirs du VIH chez les individus coinfectés VIH/VHC.
Des participants coinfectés par le VIH et le VHC (VHC+/VIH+, n = 20) et des participants uniquement infectés par le VHC (VHC+/VIH-, n = 14) ont été examinés avant leur traitement par AAD (point de référence de l’étude), à la fin du traitement (FDT), et à 12-24 semaines après la FDT (suivi). Chez les individus VHC+/VIH+, la guérison du VHC par AAD a considérablement réduit les niveaux d’ADN du VIH intégré (dans le génome cellulaire), principalement chez les participants qui ont d’abord été infectés par le VHC avant d’être infectés par le VIH. En effet, à la suite du traitement par AAD chez les individus VHC+/VIH+ sur TAR, les chercheurs ont observé une réduction significative des niveaux d’ADN intégré d’environ 62 %. Les marqueurs de l’activation immunitaire ont été mesurés et les AAD ont également réduit les niveaux plasmatiques des sCD163 et de sCD14 chez les individus VHC+/VIH+. Ces éléments ont été précédemment associés à la progression de la maladie du VIH et au développement de comorbidités non liées au sida. Dans cette étude, les niveaux de tous les marqueurs mesurés (sauf IP-10) étaient significativement plus élevés chez les patients VHC+/VIH+ par rapport aux patients VHC+/VIH- en début d’étude. De plus, les niveaux de sCD163 ont été significativement corrélés à la dynamique des réservoirs viraux du VIH. Enfin, de façon intéressante, la virémie maximale pré-TAR du VIH (à savoir la charge virale du VIH la plus élevée jamais enregistrée avant le début de la TAR) et la charge virale du VHC au démarrage de l’étude, ont été des indicateurs importants reliés à la réduction des réservoirs viraux du VIH modulée par les AAD. En conclusion, selon les auteurs, tous ces résultats viennent démontrer les impacts bénéfiques que peut avoir une thérapie par AAD sur les multiples paramètres virologiques/immunologiques associés au VIH et appuient la nécessité d’un traitement précoce par TAR et AAD dans les coinfections VIH/VHC.
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