Différentes études ont montré qu’un résultat positif aux anticorps contre le VHC (anti-VHC) représentait un facteur de risque pour l’hypertension (pression artérielle trop élevée dans les vaisseaux sanguins), ou alors que la prévalence de l’hypertension était significativement plus élevée chez les patients atteints d’une infection chronique par le VHC (infection de plus de six mois) que chez les individus non infectés. Cependant, de façon plus précise, l’association des différents statuts d’infection par le VHC (résultat positif aux anticorps anti-VHC, infection aiguë par le VHC ou infection antérieure par le VHC) avec la pression artérielle (hypertension, pression artérielle systolique et pression artérielle diastolique) n’a pas été vraiment clarifiée. Ainsi, l’objectif de cette étude (Yang, F. et Luo, J., Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, 2024) était d’évaluer l’association entre le statut d’infection par le VHC et la pression artérielle (PA) chez des adultes vivant aux États-Unis.
Les données utilisées dans le cadre de cette étude provenaient de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (National Health and Nutrition Examination Survey – NHANES), conduite par le National Center for Health Statistics/Centers for Disease Control and Prevention, et recueillies entre 1999 et 2012. L’enquête NHANES a effectué auprès des participants un dépistage des anticorps anti-VHC et de l’ARN du VHC (ARN-VHC). L’association du statut d’infection par le VHC – infection par le VHC, infection aiguë par le VHC et infection antérieure par le VHC, avec l’hypertension, la pression artérielle systolique (PAS) et la pression artérielle diastolique (PAD) ont été examinées en utilisant respectivement des analyses de régression logistique ou linéaire. Les participants étaient catégorisés comme ayant un statut d’infection au VHC s’ils étaient diagnostiqués positifs aux anti-VHC (avec un test de l’ARN-VHC positif, négatif ou indéterminé). Les participants testés positifs pour les anti-VHC et pour l’ARN-VHC étaient définis comme ayant une infection actuelle par le VHC (ou infection aiguë). Et, enfin, les participants testés positifs pour les anti-VHC et négatifs pour l’ARN-VHC étaient définis comme ayant eu une infection antérieure au VHC. Cependant, certains participants positifs pour les anticorps anti-VHC dans la NHANES de 1999-2012 n’ont pas été testés pour l’ARN du VHC, et ont donc été définis comme ayant une infection par le VHC indéterminée.
L’infection par le VHC associée à une PAD élevée
Selon les résultats, un total de 25 850 participants (âgés de 18 ans et plus) ont été inclus dans cette étude, avec 516 cas d’infection au VHC – à savoir 264 cas présentant une infection actuelle, 94 une infection passée et 58 un ARN-VHC indéterminé. 14 162 participants souffraient d’hypertension. Après ajustement pour toutes les covariables, l’infection par le VHC n’a pas été associée à l’hypertension et la PAS, et ce, en comparaison avec les participants non infectés par le VHC (OR = 1,25 et β = -0,92, respectivement). Par contre, l’infection par le VHC a été associée à une PAD élevée, par rapport aux participants ne présentant pas d’infection (β = 4,1). L’infection aiguë par le VHC n’a pas été associée à l’hypertension et à la PAS, en comparaison avec les participants non infectés par le VHC (OR = 1,31 et β = -0,35, respectivement). La PAD était par contre plus élevée dans les cas d’une infection actuelle au VHC (avec β = 4,24). Par ailleurs, il est intéressant de noter qu’il n’y avait aucune association d’observée entre les participants présentant une infection passée/antérieure par le VHC et l’hypertension, la PAS et la PAD, en comparaison avec ceux sans infection par le VHC (avec OR = 1,23, β = -3,79 et β = 2,28).
En conclusion, l’étude suggère que l’infection par le VHC (infection actuelle au VHC et résultats positifs aux anti-VHC) augmente la PAD, mais que l’élimination du virus (infection antérieure au VHC) inverse cette association. L’étude a aussi montré que l’infection au VHC n’a pas été associée à l’hypertension. Bien que certaines études aient suggéré que certains des médicaments utilisés pour traiter le VHC pouvaient entraîner une augmentation de la pression artérielle, les résultats de cette étude laissent suggérer qu’il n’existe aucune différence dans la pression artérielle (hypertension, PAS et PAD) entre les participants ayant eu une infection antérieure par le VHC et ceux sans infection par le VHC.
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